mardi 1 octobre 2019

O.N.U et O.M.P

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Le 1° janvier 1942, à Washington, vingt-six pays en guerre contre l’Allemagne se référent à la « charte de l’atlantique » pour proclamer leur volonté commune de vaincre, dans une déclaration dite « des Nations-Unies », qui leur tiendra lien d’alliance. L’expression est désormais consacrée. En juillet 1944, Roosevelt précise successivement ses idées à Cherchill, à Staline et de Gaule. Le projet américain  repose donc sur un exécutif, le futur « conseil de sécurité » des cinq grands.
Ainsi, l’organisation des Nations Unis (O.N.U) est fondée par les représentants de 50 Etats et de celui de la Pologne qui a signé sans avoir assisté à la conférence. Ces derniers se sont rassemblés à SAN FRANCISCO du 25 avril au 26 juin 1945 pour en sortir avec la « Charte des Nations Unies » qui va entrer en vigueur à partir du 24 octobre 1945. Le jour de cette date est devenu la « journée des Nations Unies ».
L’organisation des Nations Unis (O.N.U) a pour objectif de sauvegarder la paix et la sécurité dans le monde. Elle vise également la garantie des droits de l’homme, le respect du droit international et la promotion des relations entre les pays en s’appuyant sur le chapitre VI de la charte qui concerne le règlement des conflits par des moyens pacifiques, mais si la paix et la sécurité internationale sont menacées, le chapitre VII s’applique. L’imposition de la paix devient donc une option pour rétablir l’ordre. Les mesures soulignées dans l’article 41 et l’article 42 aident à la mise en œuvre de cette tache, le premier prévoit d’utiliser des moyens non-militaire et le deuxième autorise l’emploi d’une force militaire pour le « maintien et le rétablissement de la paix ».
La structure de cette organisation repose sur six organes principaux, l’assemblée générale, le conseil de sécurité, le secrétariat, le conseil économique et social, le conseil de tutelle et la cour internationale de justice.
 A ce squelette viennent s’adjoindre des organes subsidiaires et des institutions spécialisées, qui ont été crées dans le cadre des compétences de l’organisation, au fur et à mesure des besoins.
Dans ce contexte, il serait judicieux de s’interroger sur le bilan des opérations de maintien de la paix menées par l’ONU et les causes de l’échec de certaines interventions ?







L’O.N.U 

   Depuis sa création, l’ONU, a mené plusieurs opérations de maintien de la paix dont les résultats sont mitigés. 
   Quel bilan faites-vous de ces opérations, tout en démontrant les causes d’échec de certaines interventions ?


 
 






Bien que les interventions onusiennes appartenant à la première génération, ont connu un léger succès, il n’en demeure pas moins que celles de la deuxième et troisième génération présentent un bilan mitigé, tant que certaines d’entres elles étaient confrontées aux difficultés d’ordre juridiques, politiques et financières, l’empêchant de prévenir les crises et de maintenir la paix et la sécurité internationale.

Pour étayer cette thèse, seront passés en revue, de prime abord, le bilan des opérations de maintien de la paix de la première génération, ensuite, les interventions onusiennes de la deuxième et la troisième génération, avant de mettre en exergue, les causes de l’échec de certaines interventions.






I- BILAN DES O.M.P DE LA 1° GENERATION :  
Le conflit Est-Ouest, l’ordre bipolaire et l’équilibre de la terreur se sont substitués au mécanisme de sécurité collective. Dans ces conditions, très rares ont été les crises et les conflits susceptibles d’être réglés par les Nations Unies aux différents coins du monde.

11- Les opérations de maintien de la paix en Asie : 
En effet, les deux premières opérations de maintien de la paix de l’ONU dans cette partie du monde étaient des missions d’observations de cessez-le-feu. Ainsi, la première concerne la guerre israélo-arabe où le conseil de sécurité envoie des observateurs militaires dans le cadre de l’ONUST[1]  qui restent en poste dans la région pour contrôler le cessez-le-feu, superviser les accords d’armistice, empêcher l’intensification des incidents isolés et aider à des opérations ultérieures de maintien de la paix.
La deuxième concerne le conflit entre l’Inde et le Pakistan au sujet de l’Etat de Jammu-et-Cachemire. Le conseil de sécurité crée une commission et envoie des observateurs militaires pour qu’ils surveillent la ligne du cessez-le-feu convenue. Depuis la reprise des hostilités en 1971, le groupe d’observateurs contrôle le cessez-le-feu demandé par le Conseil de sécurité UNMOGIP1[2].
De plus, les opérations de maintien de paix s’étendues pour couvrir d’autres périmètres à savoir :  
Au LIBAN, un conflit s’éclate  à propos des modifications constitutionnelles qui sont proposées. La Syrie est accusée d’intervention. Le conseil de sécurité crée le Groupe d'Observation des Nations unies au Liban (GONUL)[3] en juin1958 pour qu’il veille à ce que des effectifs, des armes et du matériel ne soient pas infiltrés au Liban. Après  le règlement du conflit, les tensions s’apaisent et le Groupe d’observation se retire.
En 1963, L’Egypte et l’Arabie Saoudite appuient les forces qui s’opposent dans la guerre civile du Yémen, risquant ainsi de provoquer l’élargissement du conflit. L’initiative du Secrétaire Général aboutit à un accord de désengagement. Le conseil de sécurité crée la Mission d'observation des Nations unies au Yémen (UNYOM)[4] Juillet 1963– Septembre 1964  afin d’observer l’application de l’accord.
Après des combats violents entre l’Inde et  la Pakistan, le conseil de sécurité a crée la Mission d'observation des Nations unies dans l'Inde et le Pakistan (UNIPOM)[5] (Septembre 1965 – Mars 1966) afin de consolider le cessez-le-feu le long de la frontière internationale, de superviser le retrait des forces. Après le retrait des forces indiennes et pakistanaises conformément au calendrier établi, la mission a pris fin.
Ensuite,  à la guerre de 1973 succède une trêve fragile sur les hauteurs du Golan, suite à l'Accord sur le dégagement des forces israélienne et syrienne. Le conseil de sécurité crée la FNUOD[6] pour superviser la mise en œuvre de l'accord et le respect du cessez-le-feu. Celle-ci reste déployée dans la région.
Puis en Mars 1978, Israël envahit le sud du Liban à titre de représailles suite à un raid de l'Organisation de libération de la Palestine lancé à partir du territoire libanais. Le conseil de sécurité crée la FINUL[7] pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du Liban, rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le Gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région.
En fin,  l’Union Soviétique intervient militairement en Afghanistan en 1979. Après un débat sans résultat du conseil de sécurité, les efforts du secrétaire général et de son représentant personnel aboutissent aux accords de Genève de 1988, en vertu desquels l’Afghanistan et le Pakistan s’engagent à respecter la non-ingérence mutuelle et assurer le retour librement consenti des réfugiés et le retrait des troupes soviétiques est demandé. Le conseil de sécurité autorise la mission de bons offices à contrôler l’application des accords.
Après une guerre qui a duré près de huit ans et à l’issue des activités diplomatiques menées par le Secrétaire général, l’Iran et l’Iraq conviennent de conclure un cessez-le-feu et de procéder à des pourparlers directs. Le GOMNU II surveille l’application du cessez-le feu. Les observateurs de l’ONU achèvent leur mission en 1991 après avoir confirmé le retrait des forces des deux parties jusqu’aux frontières internationalement reconnues.

12- Les opérations de maintien de la paix dans le continent  africain :
Ensuite, le continent africain a constitué le principal théâtre de déploiement des opérations de maintien de paix pendant cette génération. C’est ainsi, en 1956, l'Égypte nationalise le canal de Suez. Israël, la France et le Royaume-Uni interviennent. Par leur veto[8], la France et le Royaume-Uni empêchent le conseil de sécurité de prendre des mesures pour mettre fin à l'intervention et aux hostilités. Convoquée d'urgence, l'Assemblée générale crée la FUNU I, première force armée de maintien de la paix de l'ONU, pour superviser le retrait des forces d'invasion et agir comme tampon entre l'Égypte et Israël. En mai 1967, l'Égypte oblige la FUNU I à se retirer.
En outre,  le nouvel Etat indépendant du Congo fait face à une mutinerie des forces armées, à une intervention militaire belge et à des troubles croissants. Le Gouvernement demande l’assistance militaire de l’ONU. Le conseil de sécurité crée l’ONUC. La province de Katanga fait sécession et l’ONU  est chargée de maintenir l’intégrité territoriale et l’indépendance politique du pays, d’empêcher la guerre civile et d’assurer le retrait des éléments militaires étrangers.
De plus, en Octobre 1962, après le différend  éclaté entre l’Indonésie et les Pays-Bas au sujet de l’Irian occidental. Un accord sur l’autorité exécutive temporaire de l’ONU est conclu afin que celle-ci assume la responsabilité administrative du territoire en attendant son transfert à l’Indonésie. L’assemblée générale crée dans le cadre de l’accord, la FSNU (La Force de sécurité de l’ONU) qui surveille le cessez-le-feu et contribue à assurer l’ordre public pendant la transition.
En fin, les forces égyptiennes et syriennes attaquent les positions israéliennes en Octobre1973. Alors que les combats entre l’Egypte et Israël parviennent à un stade critique, le conseil de sécurité adopta la résolution 340 (1973), par laquelle il exigeait qu’un cessez-le-feu immédiat et complet fût observé et que les parties retournent sur les positions qu’elles occupaient le 22 octobre 1973. Le conseil demanda au Secrétaire Général de constituer la deuxième force d’urgence de l’ONU. La FUNU II stabilise la situation dans le secteur du canal et dans le Sinaï, supervise le désengagement des forces et joue entre elles un rôle de tampon.

13- Les opérations de maintien de la paix dans les autres pays :

En outre, les opérations de maintien de la paix se sont élargies  pour couvrir les autres coins du monde. Ainsi, le conseil de sécurité crée l’UNFICYP en 1964 afin d’empêcher de nouveaux combats entre les communautés chypriotes grecque et turque et de contribuer au maintien de l’ordre public et au retour à la normale. L’île est divisée à la suite de l’intervention militaire turque qui se produit immédiatement après le coup d’Etat accompli en 1974 par des membres de la garde nationale chypriote grecque. L’UNFICYP reste en place pour assurer la surveillance des lignes du cessez-le-feu et le maintien de la zone tampon et pour entreprendre des activités humanitaires.
Ensuite,  la mission du représentant du Secrétaire Général en République Dominicaine « DOMREP» entre Mai 1965 et Octobre 1966 après  la violence éclatée, les gouvernements rivaux s’affrontent dans la République Dominicaine. L’organisation des Etats américains envoie une force de paix interaméricaine. A la demande du conseil de sécurité, le Secrétaire Général envoie un représentant spécial, assisté par des observateurs militaires, pour faire un rapport sur la situation. Un accord est conclu au sujet d’un nouveau gouvernement. La force interaméricaine se retire et la mission se retire à son tour.

Ainsi,  les succès obtenus  des OMP de la 1° génération ont été  notables et à énumérer par le fait de prévenir des conflits armés, ce qui a conduit le Conseil de sécurité à élargir ces interventions pendant la 2° génération et qui sont spécifiques dans un monde mono-polaire[9].


II- LES INTERVENTIONS ONUSIENNES DE LA 2° GENERATION :
Depuis la fin de la guerre froide[10], l’O.N.U. a multiplié les O.M.P. sur tous les continents avec une diversification des actions (désarmement, déminage, actions humanitaires, etc...).
21- Période de 1989-1994 : forte augmentation du nombre des opérations :
En effet, durant cette période, le Conseil de sécurité a autorisé 21 nouvelles opérations en profitant d'un nouveau consensus sur l'importance de son rôle. Ainsi, ces opérations ont pour but de mettre en œuvre des accords de paix complexes, de stabiliser la sécurité, de réorganiser l'armée et la police, d’appuyer l'élection de nouveaux  gouvernements et de mettre sur pied des institutions démocratiques.
La majeure partie des opérations de maintien de la paix  pendant cette période, déployées par les Nations Unies se déroule sur le continent africain[11]. Occupant une part prépondérante de l’activité du Conseil de sécurité (45% des séances), les opérations menées en Afrique concentrent plus de 70% des Casques bleus et accaparent les deux tiers du budget du maintien de la paix, on citera :
v  Mission de vérification des Nations Unies en Angola (UNAVEM I et II)[12] ;
v  Groupe d'assistance des Nations Unies pour la période de transition (GANUPT)[13] ;
v  Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) depuis Avril 1991;
v  Opérations des Nations Unies en Somalie (ONUSOMI et II)[14];
v Opération des Nations Unies au Mozambique (ONUMOZ) Décembre 1992 à décembre 1994 ;
v Mission d'observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda (MONUOR) Juin 1993 à septembre 1994 ;

v  Mission d'observation des Nations Unies au Libéria (MONUL) Septembre 1993 - septembre 1997 ;

v  Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) Octobre 1995 - mars 1996 ;

v  Groupe d'observateurs des Nations Unies dans la bande d'Aouzou (GONUBA) Mai à juin 1994.

Ensuite, ces opérations de maintien de paix  se sont élargies sur les autres continents à savoir :
En Amérique :
v  Groupe d'observateurs des Nations Unies en Amérique centrale (ONUCA) novembre 1989 - janvier 1992;
v  Mission d'observation des Nations Unies en El Salvador (ONUSAL) Juillet 1991 - avril 1995 ;
v  Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA) Septembre 1993 - juin 1996.
En Asie et Pacifique :
v  Mission préparatoire des Nations Unies au Cambodge (MIPRENUC) Octobre 1991 – Mars 1992  ;
v  Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC)[15] Mars 1992 - septembre 1993;

v  Mission d'observation des Nations Unies au Tadjikistan (MONUT) ;

En Europe

v  Force de Protection des Nations Unies (FORPRONU)[16] De février 1992 à mars 1995 ;

v  Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG)[17] Août 1993 - juin 2009.

Au Moyen-Orient :
v   Mission d'observation des Nations Unies pour l'Iraq et le Koweït (MONUIK)[18].



22- Le milieu et la fin des années 90 : une période de réévaluation :
Ensuite, les succès qui avaient marqué les missions précédentes, ont conduit à attendre des O.M.P plus qu'elles ne pouvaient donner. C’est ainsi, des missions ont été établies dans des situations où les armes ne s'étaient pas encore tues et où il n'y avait pas de paix à maintenir, dans des régions comme l'ex-Yougoslavie (FORPRONU), le Rwanda (MINUAR) et la Somalie (ONUSOM II). Ces trois opérations à haute visibilité ont été critiquées lorsque les Casques bleus se sont trouvés confrontés à des situations dans lesquelles les parties belligérantes ne respectaient pas les accords de paix ou lorsque les Casques bleus eux-mêmes ne pouvaient pas compter sur des ressources ou un appui politique suffisant.
Par ailleurs, les revers du début et du milieu des années 90 ont conduit le Conseil de sécurité à limiter le nombre de nouvelles missions de maintien de la paix et à entreprendre un processus de réflexion pour éviter que ne se renouvellent de tels échecs. Le Secrétaire Général[19] a ordonné l'ouverture d'une enquête indépendante sur l'action de l'ONU pendant le génocide de 1994 au Rwanda et, à la demande de l'Assemblée générale, il a procédé à une évaluation d'ensemble concernant les événements survenus en 1993-1995 à Srebrenica, dans l'ex-Yougoslavie. Les circonstances qui avaient conduit l'ONU à se retirer de Somalie ont elles aussi fait l'objet d'une analyse approfondie.
Simultanément, les opérations de maintien de la paix à long terme en Afrique, en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie se sont poursuivies. Les crises persistant dans un certain nombre de pays et de régions, le rôle essentiel des opérations de maintien de la paix de l'ONU n'a pas tardé à être énergiquement réaffirmé.
En fin, pendant la deuxième moitié des années 90, le Conseil de sécurité a autorisé 14 nouvelles opérations de maintien de la paix :
v  Angola (UNAVEM III et MONUA) ;
v  République centrafricaine (MINURCA) ;
v  Sierra Leone (MONUSIL) ;
v  Bosnie-Herzégovine (MINUBH) ;
v  Croatie (ONURC, ATNUSO et UNPSG) ;
v  Prevlaka (MONUP) ;
v  ex-République yougoslave de Macédoine (FORDEPRENU)[20] ;
v  Guatémala (MINUGUA) ;
v  Haïti (MANUH, MITNUH et MIPONUH) ;

23- A partir des années 1999 : Nouvelles missions, nouveaux défis :
En outre, les difficultés rencontrées pendant les années 90 ont poussé l'ONU à s’engager sur la voie des réformes. Ainsi, à partir de 1999, elle se voit encore confier la réalisation de tâches plus complexes telles que l'administration des territoires du Kosovo dans l'ex-Yougoslavie (MINUK) et du Timor oriental, aujourd'hui Timor-Leste (ATNUTO) qui avait entamé le processus d'acquisition de son indépendance vis-à-vis de l'Indonésie. Le Conseil de sécurité crée la MANUTO pour continuer à fournir une aide au Timor oriental.
Ensuite, au cours des dix-huit années suivantes, le Conseil de sécurité a également mis en place d'importantes opérations complexes de maintien de la paix dans plusieurs pays d'Afrique:
v  en RDC (MONUC et MONUSCO)
v  en Sierra Leone (MINUSIL)
v  au Libéria (MINUL)
v  au Burundi (ONUB)
v  en Côte d'Ivoire (ONUCI)
v  au Soudan: Dans le sud du Soudan (MINUS), au Darfour (MINUAD), Force Intérimaire de Sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA) et la mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MIUNSS)
v       en Érythrée/Éthiopie (MINUEE)
v       au Tchad (MINURCAT)
v       au Mali (MINUSMA)
v       et en République centrafricaine (MINURCA)
De plus, les Casques bleus sont également retournés en Haïti (MINUSTAH) et au Timor-Leste (MINUT), qui venait d'obtenir son indépendance et où une paix fragile menaçait de s'effondrer pour continuer de soutenir des opérations cruciales de maintien et de consolidation de la paix.
De surcroit, Il y a lieu de citer l’opération de maintien de la paix pendant une courte période en Syrie, la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) qui a dû prendre fin quatre mois après sa création en avril 2012.
Aussi, le mandat d'un grand nombre de ces opérations est aujourd'hui achevé. Tel est notamment le cas de la MINURCAT, de la MONUC, de l'ONUB, de la MINUSIL et de la MINUEE, de la MINUS, de la MINUT, etc...
Actuellement, les Nations Unies dirigent 15 opérations de maintien de la paix [21] sans compter les nombreuses missions politiques et d'appui à la consolidation de la paix. Les effectifs vont d'une poignée de membres du personnel international et local à des milliers de Casques bleus (militaires, policiers et civils). Le personnel en uniforme affecté à ces opérations provient de Cent Vingt Huit Etats. Les Nations Unies ont aussi exploité un certain nombre de bureaux de liaison afin d'appuyer les activités de maintien de la paix.
 Avec un budget de plus de 7 milliards de dollars, les opérations de maintien de la paix à travers le monde sont appuyées par un soutien logistique énorme qui se traduit par 46 avions, 12 bateaux, 147 hélicoptères, 33.437 véhicules, 22 hôpitaux et 252 centres médicaux et  déploient plus de 114.830 militaires, policiers et civils. Le personnel international civil qui travaille avec le personnel en uniforme en question s'élève à 16 961 personnes et le personnel civil local à 11 700. Le travail des Casques bleus et du personnel de consolidation de la paix couvre tout un éventail de besoins, du désarmement et du déminage à l’organisation d’élection et à la protection des droits de l'homme, souvent dans des conditions très difficiles et dangereuses.
Néanmoins, 3308 civils et militaires ont perdu la vie en prenant part à des opérations de paix de l'ONU depuis 1948.

Ainsi, l’ONU œuvre à la recherche de la paix et la sécurité dans le monde et sollicitée pratiquement dans toutes les catastrophes et les conflits. Mais, ses interventions ont été confrontées à des défis d’ordre juridiques, politiques et financiers.



III- CAUSES D’ECHEC DE CERTAINES INTERVENTIONS :
Les opérations de maintien de la paix de l’ONU deviennent une affaire de plus en plus complexe. Certaines d’entres elles se sont confrontées, lors des interventions,  aux  difficultés  d’ordre juridique, politique et financier.    
31 - L e s    c a u s e s    j u r i d i q u e s :
En effet, les limites juridiques sont comptées parmi les principales causes qui entravent l’évolution des OMP et paralysent le système onusien. Ainsi, l’ONU sollicitée partout, ne peut faire face à des situations aussi diverses, que la Charte n’a pas prévues. Elle ne dispose ni des structures ni des moyens nécessaires bien que ceux-ci aient évolué. De plus, les principes traditionnels du droit international s’opposent à son action dans des conflits internes.
Aussi, elle se heurte aujourd’hui à la prise de conscience par la communauté internationale de la nécessité de faire observer les règles humanitaires  et  d’empêcher les violations des droits de l’homme : le strict respect du principe de la souveraineté des États devient ainsi difficilement conciliable avec le devoir d’assistance humanitaire, qui dérive vers l’ingérence. 
En outre, les conflits strictement interétatiques ont passé à des conflits généralement incontrôlables, où les composantes ethniques, religieuses, culturelles et même idéologiques, servent de motivations à des groupes pour lesquels l’appartenance nationale n’est plus une référence signifiante. Dans ce type de conflit, les populations civiles sont victimes et otages, d’où la nécessité d’élaboration d’un droit humanitaire qui impose à la communauté internationale le devoir de porter secours à toute population en danger. Il y a donc contradiction avec le principe fondamental de non-ingérence en droit international, intimement lié à l’égalité souveraine des États.     
En fin, la résolution 688 du Conseil de sécurité, adoptée en 1991, d’un “nouveau droit d’ingérence”[22]; “devoir d’assistance transfrontières”, faisant référence à l’éthique plutôt qu’au domaine juridique, serait sans doute une formule plus prudente. Aux défenseurs de la souveraineté inviolable s’associent certains États qui craignent de voir prévaloir une conception occidentale des droits de l’homme, suspectée de néo-colonialisme sous un habillage de principes moraux et humanitaires. Dans son «Agenda pour la paix »[23], l’ex-Secrétaire général de l’ONU Boutross BOUTROS-GHALI[24] avance que « depuis la création des Nations Unies en 1945, plus d’une centaine de conflits majeurs ont éclaté de par le monde, qui ont provoqué la mort d’environ 20 millions d’êtres humains. L’ONU est restée impuissante devant la multiplicité de ces crises en raison du nombre de vetos[25] qui dépasse les 279, mis à l’action du Conseil de sécurité, qui illustrent bien les divisions de l’époque ».
32 - L e s    c a u s e s    p o l i t i q u e s:
   Ensuite, les difficultés politiques provoquent un grave dysfonctionnement de la situation des interventions onusiennes dans les conflits. C’est ainsi, si des conflits sont restés sans solution, ce n’est pas parce que les techniques de règlement pacifique étaient inconnues ou inadéquates. La faute en revient de prime abord au manque de volonté politique des parties qui ne cherchent pas à régler leurs litiges par les moyens suggérés au chapitre VI[26] de la charte des Nations Unies.
Ensuite, le Conseil de sécurité a voté plus de cinquante résolutions sur l’ex-Yougoslavie que certaines d’entre elles ont donné un fondement juridique à des opérations armées qui n’ont jamais eu lieu. Pour une simple raison : les grandes puissances n’ont pas voulu s’engager dans la poudrière des Balkans, laissant se propager la haine et la loi du plus fort.  Les diplomates du conseil de sécurité ont envoyé des OMP dans cette partie de l’Europe sans leur donner de mandat clair. Le fait que les mandats des missions sont souvent trop vagues et les ressources disponibles restent insuffisantes et ne leur facilitent certes pas la tâche. Dans certains cas, la situation se détériore tellement qu’il leur est impossible de poursuivre leur mission. Ce qui s’est passé au Rwanda, en Bosnie-Herzegovine et en Somalie entre 1992 et 1995 montre bien les limites des opérations du maintien de la paix et met en évidence la difficulté de concilier le recours à la force et le maintien de la paix.
Essayant de tirer un enseignement de cette situation d’échec des Nations Unies dans les Balkans, le Secrétaire général à l’époque constata: « Il ne fait aucun doute que la capacité d’adapter les mandats aux  réalités sur le terrain revêt une importance critique pour faire en sorte qu’une force appropriée et dotée d’une structure appropriée soit déployée»[27]. Cependant, dans l’ex-Yougoslavie, l’embargo contourné sur les armes, l’aide humanitaire et le déploiement d’une force de maintien de la paix ne pouvait empêcher le nettoyage ethnique. On attendait du Conseil de sécurité  une décision, une volonté, une vision politique. Certains allaient jusqu’à préconiser une intervention armée pour contrer les serbes et mettre fin à leurs agissements. Or les cinq membres permanents[28] ne le voulaient pas.
 33 - L e s   c a u s e s    f i n a n c i è r e s :
En fin, depuis les années 60, les opérations de maintien de la paix se heurtent à des difficultés financières. Ainsi, Malgré les décisions du conseil de sécurité et de l’Assemblée générale et l’avis rendu par la Cour internationale de Justice en 1962, selon lequel les coûts des opérations de maintien de la paix doivent être considérés comme des dépenses qui doivent être supportées par tous les Etats membres, de nombreux pays continuent à acquitter leur contributions avec retard ou à ne les verser que partiellement. En 1998, les dépenses sont estimées à environ un milliard de dollars, et le nombre des OMP se situe entre 12000 et 15000 opérations. A la fin du mois de mars 1998, les arriérés cumulés des Etats membres approchaient les 1,5 milliards de dollars.
Ensuite, dans la pratique, le fait que certains Etats membres ne versent pas leur contribution aux opérations de maintien de la paix signifie que le coût des opérations reste à la charge des Etats qui fournissent des contingents, des équipements et autres formes de contributions et qui ne peuvent être remboursées. Selon B.Boutros GHALI « le rétablissement de la paix est parfois facilité par une action internationale destinée à améliorer la situation qui a donné naissance au différend ou au conflit. Si par exemple, une assistance aux personnes déplacées à l’intérieur d’un pays est essentielle pour parvenir  à un règlement, l’ONU devrait être en mesure de faire appel aux ressources de tous les organes et programmes concernés. Il n’existe pas à l’heure actuelle au sein des Nations Unies de dispositif adéquat qui permette au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale ou au Secrétaire général de mobiliser les ressources nécessaires pour entreprendre une action positive de ce type et d’engager un effort collectif du système des Nations Unies en vue de règlement pacifique d’un conflit. » 
Aussi, les limites relevées ci-dessus favorisent à la fois des critiques à l’égard des opérations de maintien de paix et justifient les propositions de réforme dont elles font l’objet.
Enfin, les chercheurs constatent que la majorité des interventions actuelles s’opèrent dans les pays du continent africain[29]  pour régler des conflits internes et que la communauté internationale intervienne dans ces pays pour mettre fin à des violations flagrantes et massives des droits de l’homme. Certains pays ont soutenu qu’en cas de violations  massives des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité, la communauté internationale a le devoir d’intervenir par le recours à la force autorisé par le Conseil de Sécurité[30]. Un autre groupe de pays a appelé à un débat élargi et a demandé que toute décision se fonde sur un consensus au quel seraient parvenu les Etats. Un dernier groupe d’Etats a défendu le fait  que toute intervention de protection des droits de l’homme devrait se fonder impérativement sur le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays et nécessitait le consentement du gouvernement et de la population du pays concerné. Or dans la plupart des cas d’ingérence pour préserver les vies humaines[31], la communauté internationale se trouve confrontée à des situations du non existence de l’Etat et où les populations sont livrées à elles mêmes. Ce débat reste ouvert et s’accentue à chaque fois qu’une situation de génocide  ou de crimes contre l’humanité surgisse.
Ainsi, malgré les efforts déployés dans la préservation du principe de la « Sécurité Collective », l’Organisation des Nations Unies est devenue plus que jamais critiquée  à cause de ses problèmes.








En définitive, s’inscrivant  dans un cadre politico juridique défini clairement dans la Charte des Nations Unies et donc soumis aux règles du droit international ; les OMP de l’ONU se sont organisées et mises en place pour mener des actions pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Cependant leurs actions se heurtent parfois à des obstacles difficiles à surpasser.
Il serait judicieux de penser à réformer cette institution de maintien de paix et de sécurité dans le monde pour améliorer ses nobles prestations et la rendre plus efficace à faire régner la stabilité dans le monde.



OUVRAGES :
·     LAKHDAR BRAHIMI, Rapport du Groupe d’étude sur les opérations de paix de L’O.N.U.
·         L’ONU : collection QUE SAIS JE, N°748, février 1997
·         Livres bleus des Nations unies 1995.
REVUES ET JOURNAUX :
·              Défense nationale 2013
·              Jeune Afrique l’intelligent : Mars 2013. Mars 2014
·              Monde diplomatique octobre 2012
DOCUMENTS OFFICIELS :
·     Charte des Nations Unies
·     Défense nationale (N 3 mars 2000), « L’ingérence humanitaire : vers un nouveau droit international ? »,
ADRESSES ELECTRONIQUES :
·     www.un.org/french
·     www.wikipedia.org
·     www.lemonde.fr



[1] Organisme des Nations Unies chargé de la Surveillance de la Trêve (depuis mai 1948)
[2] Groupe d’observateurs militaires de l’ONU pour l’Inde et le Pakistan (depuis janvier 1949).
[3] Emplacement : Zone frontalière entre le Liban et la Syrie et environs des zones contrôlées par les forces adverses – effectif : 591 observateurs militaires appuyés par du personnel civil recruté sur le plan international et localement – cout total : 3 697 742 dollars
[4] Effectifs  25 observateurs militaires et 164 militaires appartenant à des unités aériennes et de reconnaissance, appuyés par du personnel civil recruté sur le plan international et localement avec un cout de 1 840 450 dollars
[5] EMPLACEMENT : Le long de la frontière indo-pakistanaise, entre le Cachemire et la mer d'Oman.

[6] Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement : a été établie par la résolution 350 (1974)  du Conseil de sécurité, à la suite de la conclusion d'un accord sur le dégagement des forces israéliennes et syriennes du Golan.

[7] Force intérimaire des Nations Unies au Liban : Le mandat de la mission a été ajusté deux fois en raison des développements intervenus en 1982 et en 2000.


[8] Le droit de veto du Conseil de sécurité des Nations unies est un droit accordé uniquement aux cinq membres permanents du Conseil qui leur permet de bloquer toute résolution ou décision, quelle que soit l'opinion majoritaire au Conseil. Les cinq membres permanents exercent ce droit quand ils votent négativement, mais une abstention ou une absence n'est pas considérée comme un veto.

[9] Monde dans lequel plusieurs puissances régionales exercent une forme de domination régionale ou au contraire est dominé par 1 seule grande puissance USA.
[10] Pendant la Guerre Froide (1947-1991), l'opposition entre les Etats-Unis et l'URSS structure les relations internationales : Le monde est bipolaire (divisé en 2). En 1991, la disparition de l'URSS entraîne la définition d'un nouvel ordre mondial.
[11] -11 opérations de maintien de la paix se sont déployées dans ce continent entre 1989 et 1994
[12] mise en place successivement le 20 décembre 1988 et  30 mai 1991 pour vérifier le redéploiement des troupes cubaines vers le nord et leur retrait échelonné et total du territoire de l'Angola et vérifier les arrangements convenus par les parties angolaises concernant  la surveillance du cessez-le-feu et de la police angolaise pendant la période du cessez-le-feu et pour observer et vérifier les élections,
[13] (avril 1989 - mars 1990) Emplacement : Namibie et Angola
[14] après plusieurs incidents violents et agressions contre des soldats des Nations Unies, le Conseil de sécurité a révisé le mandat d'ONUSOM II pour exclure l'utilisation de méthodes de coercition. ONUSOM II s'est retirée au début du mois de mars 1995.

[15] En devenant opérationnelle le 15 mars 1992, l'APRONUC a absorbé la MIPRENUC, qui avait été créée immédiatement après la signature de l'Accord en octobre 1991. Le mandat de l'APRONUC a pris fin en septembre 1993, avec la promulgation de la Constitution du Royaume du Cambodge et la formation d'un nouveau gouvernement.
[16] EMPLACEMENT : Bosnie-Herzégovine, Croatie, République fédérative de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) et ex-République yougoslave de Macédoine.

[17] en raison de l'incapacité du Conseil de Sécurité à se mettre d'accord sur une prorogation de son mandat, la mission a pris fin à minuit le 15 juin 2009.
[18] Le Conseil a donné à la MONUIK pour mandat : de surveiller la zone démilitarisée ainsi que la voie navigable du Khor´Abdullah entre l´Iraq et le Koweït ; de prévenir les violations de la frontière par sa présence dans la zone démilitarisée et la surveillance qu´elle y exerce; et d´observer tout acte hostile commis à partir du territoire d´un Etat à l´encontre de l´autre.
[19] Kofi Annan : En 1993, il est promu sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali. Il commence son premier mandat de secrétaire général de l'ONU le 1er janvier 1997.
[20] Etablie le 31 mars 1995 pour remplacer la FORPRONU dans l'ex-République yougoslave de Macédoine.
[21] On compte Une mission de maintien de la paix en Amérique Centrale, Deux en Europe, Neuf en Afrique, Trois au Moyen-Orient et Une en Asie.
[22]l’ingérence dans le droit international, signifie au sens contemporain du terme, intrusion d’un ou plusieurs Etats dans les affaires intérieures d’un autre Etat en violation de sa souveraineté. Elle est interdite par la charte des Nations-Unies (art. 2.7 qui pose le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre Etat comme base des relations internationales).
[23] Vaste compilation de documents des Nations Unies relatifs aux efforts déployés par la communauté internationale en vue d'améliorer la capacité de l'Organisation dans les domaines de la diplomatie préventive ainsi que de l'établissement et du maintien de la paix. 
[24] Boutros Boutros-Ghali, né le 14 novembre 1922 au Caire en Égypte, est un homme d'État et un diplomate égyptien. Il fut le sixième secrétaire général de l'ONU, de janvier 1992 à décembre 1996.
[25] Au Conseil de sécurité des Nations unies, les cinq membres permanents (les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni) ont un droit de veto.
[26] Porte sur le règlement pacifique des différends
[27] Ex secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali 
[28] Les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni
[29] 70 % des OMP se sont déployées dans ce continent.
[30] Chapitre VII  Art. 42 de la Charte des NU : Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l'Article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. 
[31] L’ingérence humanitaire toute action par laquelle l’ONU intervient dans les affaires d’un Etat dans l’unique objectif d’apporter  assistance et protection à des populations civiles dont l’existence serait menacée.

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