jeudi 3 octobre 2019

HISTOIRE DU MAROC DEPUIS LE PROTECTORAT

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Durant le XIXe siècle, les puissances coloniales européennes  ont tenté d'asseoir leur influence en Afrique du Nord. La seconde moitié du 19° siècle a constitué un tournant décisif de la politique nationale et étrangère. Tout d'abord, l'appui apporté à l'émir Abdelkader en Algérie a généré une crise politique et militaire avec la France en 1844. Ensuite, le royaume entre dans un cycle d'endettement progressif auprès des banques étrangères.

Cet affaiblissement se traduit en premier lieu par la conférence d'Algésiras, organisée en 1907 à la demande du sultan Abdelaziz, qui aboutit à la désignation de la France et de l'Espagne comme mandataires de la nouvelle banque d'état du Maroc. La signature par le Maroc de la convention d’Algésiras constituait un prélude pour l’occupation du pays.

En 1911 le Sultan Moulay Hafid faisait appel à l'armée française pour libérer Fès, assiégée par des tribus berbères. La situation est irréversible et aboutit à la convention de Fès du 30 mars 1912 qui fit du Maroc un protectorat français. En novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord du pays sous protectorat espagnol.

Ainsi en 1912, le territoire marocain se trouve divisé en plusieurs zones d'occupation:

- La zone du centre par la France;

- La zone nord y compris les présides de Sebta, Melilla et les îles avoisinantes par l'Espagne;

- Sakkiat el Hamra, oued Eddahab, les villes de tarfaya et sidi ifni par l'espagne;

- La zone internationale de Tanger confiée à un conseil composé de 12 puissances étrangères.

IDEE MAITRESSE: La résistance du peuple marocain n’a jamais véritablement cessé, elle a seulement pris des formes diverses en fonction de l’évolution de la situation. Après une période de résistance armée menée en 1934 par les paysans et pasteurs, la résistance a pris un caractère urbain et politique pour devenir à partir de 1950 une opposition véritablement nationale.
RESISTANCE ARMEE (1912-1934)

Depuis le début du protectorat, le Résident général du Maroc (le général Lyautey de 1912 à 1926), a commencé la pacification du pays. Cependant, partout des résistances allaient se constituer.

- Guerre du Rif : Dirigée et organisée, d’abord par cadi de beni Ouriaghl, Abdelkrim El khattabi puis par son fils Mohamed Ben Abdelkrim, la guerre du rif était l’une des plus acharnées que le colonialisme a connu. L’épisode le plus célèbre de cette résistance armée est la bataille d’Anoual (1921) où 60 000 soldats espagnols, encerclés dans le plateau du même nom, sont écrasés et refoulés jusqu’à Mélilia.
La victoire d'Anoual a eu d'immenses conséquences psychologiques et politiques, puisqu'elle a prouvé qu'avec des effectifs et des moyens réduits, il est possible de vaincre des armées classiques bien équipées.
Ayant senti une menace contre ses intérêts, la France entra en guerre, en avril 1925, aux côtés des troupes espagnoles (500 000 soldats conduits par 40 généraux) sous la conduite du Maréchal Pétain (vainqueur de Verdun pendant la 1ère GM). En mars 1926, Abdelkrim s’est rendu à la France, qui l’a exilé à la Réunion. Après la reddition d'Abdelkrim, la France mena une campagne de "pacification" qui prit fin en 1934.
- Résistance du Moyen Atlas : Mouha Ou Hmou ZAYANI mena une résistance acharnée et mieux organisée, où il a vaincu les Français dans la bataille EL HERRI en 1914. Après la conquête de Khénifra, il regagne la montagne jusqu’à 1920.
- Résistance du Sud du Maroc : de leur part, dès l’annonce de la signature du traité du protectorat, les tribus du Sahara se sont regroupés autour d’El Hiba Ma El ainine le proclamant sultan. Elles ont mené franchit l’Atlas jusqu'à Marrakech. Après son échec à la bataille de sidi Bouathman, El Hiba a reculé vers le sud où il poursuivit la lutte jusqu’à sa mort en 1919. La résistance fût continuée par son frère jusqu’à 1934.
OPPOSITION POLITIQUE (1934-1953)      
Le germe d’une libération nationale (34-44)
La naissance du nationalisme urbain est le résultat de certains facteurs convergents :
§ Intellectuels : influence de la doctrine panarabe ;
§ Sociaux : influence des courants d’idées de liberté et de démocratie occidentales ;
§ Économiques : les effets de l'implantation d’une économie nouvelle sur la société;
§ Politiques: la politique maladroite poussant les jeunes marocains  à affirmer leur opposition ouverte.
§ Mais le facteur majeur qui initia le mouvement nationaliste est le dahir berbère du 16 mai 1930. Il s'agit d'un décret français qui reconnaissait la spécificité des Berbères (57% de la population) par rapport à l’administration arabe. Il distingue les tribunaux modernes (français), les tribunaux religieux (Charia) et les tribunaux coutumiers. Le but était de préserver l’autonomie traditionnelle des Berbères, essentiellement dans le domaine juridique, en les soustrayant à la législation islamique de la Charia. Ce dahir entraîna la première réaction nationaliste des milieux arabisés, qui accusèrent la France de vouloir diviser le pays au profit des Berbères pour mieux assurer son autorité.
Avec l’éclatement de la 2°G.M, l’opposition nationale décide de suspendre pour un certain temps son action. Le Maroc assure alors son soutien à la France.
Revendication de l’indépendance (44-53) :
Au lendemain de la 2°G.M, le système colonial avait partout été ébranlé et a démontré ses faiblesses. Considérant le principe de la charte des N.U., qui proclame le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le mouvement nationaliste change d’orientation et revendique l’indépendance. Il fût encouragé par le président américain Roosevelt, lors de l’entrevue d’Anfa en 1943 avec le sultan Mohamed Ben Youssef.
Le 11 janvier  1944, la formation du parti de l’Istiqlal, dirigé par Allal El Fassi et par Mehdi Ben Barka, représentant de la jeune garde moderniste, unifie tous les groupes nationalistes et présente au résident général un manifeste où apparaît, pour la première fois, l’exigence de l’indépendance du Maroc dans son intégrité territoriale, sous l’égide du Sultan.
Le sultan Mohamed Ben Youssef prend une part importante dans la lutte pour l’indépendance. Le 9 avril 1947, Mohamed V prononce son discours historique de Tanger, exaltant le peuple à affermir sa résistance contre l'occupant et décide, en 1951, de faire la « Grève du sceau », refusant de signer les lois. Il bloque ainsi, en vertu du système de protectorat, toute décision de l’occupant.
En 1952, à la fête du Trône, le sultan réaffirma sa volonté d'indépendance, alors que les sanglants événements de Casablanca, les 7 et 8 décembre, annonçaient la crise.
Le 20 août 1953, la France exila Mohammed V en Corse, puis à Madagascar, avec sa famille et mis en place le sultan alaouite Mohammed ibn Arafa.
LUTTES DECISIVES : (53-56)
Recours à la force : Après la déposition de Mohamed Ben Youssef; une rupture totale s'instaura entre le nouveau régime et la population, qui ne reconnut pas sa légitimité. Ce refus revêtait un caractère économique par le boycott des produits français et s'accompagna d'une vague d'agitation générale. Il a aussi ouvert la voie à une radicalisation politique et armée. En août 1955, une nouvelle forme de résistance voit le jour à travers la formation d’une Armée de libération du Maroc (ALM), qui passe à l’action dans le Rif et le Moyen Atlas. Elle se fixe pour objectif de lutter contre le colonialisme et les féodaux, mais aussi de combattre jusqu’à la libération totale de tout le Maghreb.
Externalisation de la crise: L’Espagne appuie l’opposition marocaine, reprochant à la France de ne pas l’avoir consulté pour la déposition du Sultan Mohamed Ben Youssef. La zone nord devient alors un refuge pour les résistants recherchés et un centre de formation des cadres de l’Armée de Libération. La ligue Arabe, de son côté, refuse de reconnaître le nouveau Sultan alors que des compagnes de protestation, contre la politique française au Maroc, sont organisées dans les différents pays arabes. Les Etats arabes et asiatiques saisissent à toute occasion l’O.N.U. au sujet de la question marocaine, qui est régulièrement inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée Générale.

L'indépendance : Pour l’État français, il s’agit dès lors d’éviter l’ouverture d’un nouveau front, alors que la situation en Algérie s’enlise. Elle décida alors de s’orienter vers une solution politique. En 1955, elle se résigna à accepter le retour du Sultan au Maroc. Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le traité de Fès et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut international de Tanger fut également aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations populaires obligea également l'Espagne à mettre fin à son protectorat, le 7 avril 1956
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