Durant le XIXe siècle, les puissances coloniales
européennes ont tenté d'asseoir leur
influence en Afrique du Nord. La seconde moitié du 19° siècle a constitué un
tournant décisif de la politique nationale et étrangère. Tout d'abord, l'appui
apporté à l'émir Abdelkader en Algérie a généré une crise politique et
militaire avec la France
en 1844. Ensuite, le royaume entre dans un cycle d'endettement progressif
auprès des banques étrangères.
Cet affaiblissement se traduit en premier lieu par la
conférence d'Algésiras, organisée en 1907 à la demande du sultan Abdelaziz, qui
aboutit à la désignation de la France
et de l'Espagne comme mandataires de la nouvelle banque d'état du Maroc. La
signature par le Maroc de la convention d’Algésiras constituait un prélude pour
l’occupation du pays.
En 1911 le Sultan Moulay Hafid faisait appel à l'armée
française pour libérer Fès, assiégée par des tribus berbères. La situation est
irréversible et aboutit à la convention de
Fès du 30 mars
1912 qui fit du Maroc un
protectorat français. En novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le nord
du pays sous protectorat espagnol.
Ainsi en 1912, le territoire marocain se trouve divisé
en plusieurs zones d'occupation:
- La zone du centre par la France ;
- La zone nord y compris les présides de Sebta,
Melilla et les îles avoisinantes par l'Espagne;
- Sakkiat el Hamra, oued Eddahab, les villes de
tarfaya et sidi ifni par l'espagne;
- La zone internationale de Tanger confiée à un
conseil composé de 12 puissances étrangères.
IDEE
MAITRESSE: La résistance du peuple marocain n’a jamais véritablement cessé,
elle a seulement pris des formes diverses en fonction de l’évolution de la
situation. Après une période de résistance armée menée en 1934 par les paysans
et pasteurs, la résistance a pris un caractère urbain et politique pour devenir
à partir de 1950 une opposition véritablement nationale.
RESISTANCE ARMEE (1912-1934)
Depuis le début du protectorat, le Résident général du
Maroc (le général Lyautey de 1912 à 1926), a commencé la pacification du pays. Cependant,
partout des résistances allaient se constituer.
-
Guerre du Rif : Dirigée et organisée, d’abord par cadi de beni Ouriaghl,
Abdelkrim El khattabi puis par son fils Mohamed Ben Abdelkrim, la guerre du rif
était l’une des plus acharnées que le colonialisme a connu. L’épisode le plus
célèbre de cette résistance armée est la bataille d’Anoual (1921) où 60 000
soldats espagnols, encerclés dans le plateau du même nom, sont écrasés et
refoulés jusqu’à Mélilia.
La
victoire d'Anoual a eu d'immenses conséquences psychologiques et politiques,
puisqu'elle a prouvé qu'avec des effectifs et des moyens réduits, il est
possible de vaincre des armées classiques bien équipées.
Ayant
senti une menace contre ses intérêts, la France entra en guerre, en avril 1925, aux côtés
des troupes espagnoles (500 000 soldats conduits par 40 généraux) sous la
conduite du Maréchal Pétain (vainqueur de Verdun pendant la 1ère GM).
En mars 1926, Abdelkrim s’est rendu à la France , qui l’a exilé à la Réunion. Après la
reddition d'Abdelkrim, la
France mena une campagne de "pacification" qui prit
fin en 1934.
-
Résistance du Moyen Atlas : Mouha Ou Hmou ZAYANI mena une résistance
acharnée et mieux organisée, où il a vaincu les Français dans la bataille EL
HERRI en 1914. Après la conquête de Khénifra, il regagne la montagne jusqu’à
1920.
-
Résistance du Sud du Maroc : de leur part, dès l’annonce de la signature
du traité du protectorat, les tribus du Sahara se sont regroupés autour d’El
Hiba Ma El ainine le proclamant sultan. Elles ont mené franchit l’Atlas jusqu'à
Marrakech. Après son échec à la bataille de sidi Bouathman, El Hiba a reculé
vers le sud où il poursuivit la lutte jusqu’à sa mort en 1919. La résistance fût
continuée par son frère jusqu’à 1934.
OPPOSITION POLITIQUE (1934-1953)
Le germe d’une libération nationale (34-44)
La naissance du
nationalisme urbain est le résultat de certains facteurs convergents :
§ Intellectuels : influence de la doctrine panarabe ;
§ Sociaux : influence des courants d’idées de
liberté et de démocratie occidentales ;
§ Économiques : les effets de l'implantation
d’une économie nouvelle sur la société;
§ Politiques: la politique maladroite poussant les
jeunes marocains à affirmer leur opposition
ouverte.
§ Mais le facteur majeur qui initia le mouvement
nationaliste est le dahir berbère du 16 mai 1930. Il s'agit d'un décret
français qui reconnaissait la spécificité des Berbères (57% de la population)
par rapport à l’administration arabe. Il distingue les tribunaux modernes
(français), les tribunaux religieux (Charia) et les tribunaux coutumiers. Le
but était de préserver l’autonomie traditionnelle des Berbères, essentiellement
dans le domaine juridique, en les soustrayant à la législation islamique de la Charia. Ce dahir entraîna la première réaction nationaliste des
milieux arabisés, qui accusèrent la
France de vouloir diviser le pays au profit des Berbères pour
mieux assurer son autorité.
Avec
l’éclatement de la 2°G.M, l’opposition nationale décide de suspendre pour un
certain temps son action. Le Maroc assure alors son soutien à la France.
Revendication de l’indépendance (44-53) :
Au
lendemain de la 2°G.M, le système colonial avait partout été ébranlé et a
démontré ses faiblesses. Considérant le principe de la charte des N.U., qui
proclame le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le mouvement nationaliste
change d’orientation et revendique l’indépendance. Il fût encouragé par le
président américain Roosevelt, lors de l’entrevue d’Anfa en 1943 avec le sultan
Mohamed Ben Youssef.
Le 11
janvier 1944, la formation du parti de
l’Istiqlal, dirigé par Allal El Fassi et par Mehdi Ben Barka, représentant de
la jeune garde moderniste, unifie tous les groupes nationalistes et présente au
résident général un manifeste où apparaît, pour la première fois, l’exigence de
l’indépendance du Maroc dans son intégrité territoriale, sous l’égide du Sultan.
Le sultan
Mohamed Ben Youssef prend une part importante dans la lutte pour l’indépendance.
Le 9 avril 1947, Mohamed V prononce son discours historique de Tanger,
exaltant le peuple à affermir sa résistance contre l'occupant et décide, en
1951, de faire la « Grève du sceau », refusant de signer les lois. Il bloque
ainsi, en vertu du système de protectorat, toute
décision de l’occupant.
En 1952, à la fête du
Trône, le sultan réaffirma sa volonté d'indépendance, alors que les sanglants
événements de Casablanca, les 7 et 8 décembre, annonçaient la crise.
Le 20 août 1953, la France exila Mohammed V en
Corse, puis à Madagascar, avec sa famille et mis en place le sultan alaouite
Mohammed ibn Arafa.
LUTTES DECISIVES : (53-56)
Recours à la force : Après
la déposition de Mohamed Ben Youssef; une rupture totale s'instaura entre le
nouveau régime et la population, qui ne reconnut pas sa légitimité. Ce refus
revêtait un caractère économique par le boycott des produits français et
s'accompagna d'une vague d'agitation générale. Il a aussi ouvert la voie à une
radicalisation politique et armée. En août 1955, une nouvelle forme de
résistance voit le jour à travers la formation d’une Armée de libération du Maroc
(ALM), qui passe à l’action dans le Rif et le Moyen Atlas. Elle se fixe pour
objectif de lutter contre le colonialisme et les féodaux, mais aussi de
combattre jusqu’à la libération totale de tout le Maghreb.
Externalisation de la crise: L’Espagne
appuie l’opposition marocaine, reprochant à la France de ne pas l’avoir
consulté pour la déposition du Sultan Mohamed Ben Youssef. La zone nord devient
alors un refuge pour les résistants recherchés et un centre de formation des
cadres de l’Armée de Libération. La ligue Arabe, de son côté, refuse de
reconnaître le nouveau Sultan alors que des compagnes de protestation, contre
la politique française au Maroc, sont organisées dans les différents pays
arabes. Les Etats arabes et asiatiques saisissent à toute occasion l’O.N.U. au
sujet de la question marocaine, qui est régulièrement inscrite à l’ordre du
jour de l’assemblée Générale.
L'indépendance : Pour
l’État français, il s’agit dès lors d’éviter l’ouverture d’un nouveau front,
alors que la situation en Algérie s’enlise. Elle décida alors de s’orienter
vers une solution politique. En 1955, elle se résigna à accepter le retour du Sultan
au Maroc. Le 2 mars 1956 fut signée une convention qui abolit le traité de Fès
et reconnut l'indépendance du Maroc. Le statut international de Tanger fut également
aboli (29 octobre 1956). L'ampleur des manifestations populaires obligea
également l'Espagne à mettre fin à son protectorat, le 7 avril
1956.















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