mardi 1 octobre 2019

Mondialisation

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Depuis quelques décennies, l’avènement de la mondialisation a agité les esprits et a suscité d’apparentes inquiétudes notamment pour de nombreux Etats du Sud. Cette agitation, sur le registre linguistique, a donné naissance à de nombreux termes pour désigner ce phénomène : « globalisation », « internationalisation », « interdépendance, ….Si l’on remonte l’Histoire, on a tendance, pour certains, à associer le commencementmoderne de cette vision du mondeavec la date de l’effondrement de l’union soviétique en 1991 ; pour d’autres, la mondialisation a pris naissance dès 1944, par les accords de BrettonWoods[1]. Ses sources principales sont les grandes institutions économiques et monétaires : Banque mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation de Coopération et de développement économique, Accord général sur les tarifs douaniers devenus désormais l’organisation Mondiale du Commerce, Communauté Européenne etc…Mais, pour dire vrai, ce phénomène est loin d’être nouveau :ses racines sont plus lointaines dans l’Histoire si l'on considère que les échanges économiques entre diverses régions du monde se font depuis des centaines d'années, à partir de l'époque mercantiliste et même avant, et ont subsisté à travers le temps, avec la révolution industrielle et le passage au mode de production capitaliste jusqu'à notre époque.Le monde devenant ainsi unipolaire, après la chute du communisme, il a généré des mutations palpables et observables à tous les échelons et à tous azimuts.En parallèle à cela, des réflexions ont été menées sur ces métamorphoses : l’une qui a retenu davantage l’attention de nombreux penseurs est ses effets sur la souveraineté des États. L’aboutissement de ces réflexions est, en général, des points de vue oscillant entre alarmistes, moins alarmistes et optimistes.
A cet égard, il est légitime de se pencher sur ce phénomène afin d’appréhender son caractère multidimensionnel et saisir de quelle façonil est en mesure demettre en jeu la souveraineté des Etats.
Pour ce faire, une position de l’entre-deuxs’avère plus recevable dans la mesure où la mondialisation est une arme à double tranchant : d’une part, elle forme une épreuve réelle à la souveraineté des Etats en engendrantde sérieuses incidences à leur encontre. De l’autre,elleconstitueune opportunité favorable pourservir la souveraineté des Etats et renforcer leurs potentiels.
Pour s’en convaincre, il est envisagé, dans cet humble travail,de s’arrêter, dans une premièrepartie,sur les divers aspects de la mondialisation :idéologico-politique, juridique,culturelle et économique. Ensuite, les incidences de la mondialisation sur la souveraineté étatique constitueront la seconde partie. Il y a lieu de présenter, finalement, les atouts de la mondialisation dont pourraient bénéficier les Etats à même l’Humanité dans sa globalité.


I-Aspects de la mondialisation
La mondialisation, en tant que processus, s’est instaurée progressivement dans une ambiance où elle a touché plusieurs domaines (politique, technologique, social, militaire, économique, culturel, géographique, etc.) et a revêtu plusieurs aspects ; les plus prépondérants sont :idéologico-politico, culturel et économique.
  Pour la réalisation des fins économiques, la mondialisationa pris au commencement un aspect idéologico-politique. C’est le dépassement des freins des principes du communisme que cherchaient les capitalistes pour l’instauration du Libre-échange.
Au lendemain de la fin de la seconde guerre mondiale, une nouvelle guerre s’est établie. Il s’agit de la guerre froide entre le bloc Est et celui de l’Ouest. En arrière-plan, c’est manifestement la quête de la dominance idéologique qui constituait l’objet de ce bras de fer. Car, c’est en réalisant cet objectif idéologique que le terrain devient balisé pour créer une plate-forme politique mondial. C’est d’une façon ou autre ce qui était ambitionné par le bloc occidental. Pour ce dernier, le communisme était un réel frein pour véhiculer une politique libérale. Il s’avère que les Hommes politiques étaient convaincus que la réalisation de la mondialisation passe avant tout par la diffusion d’idées capitalistes, entre autres, moyennant les élections politiques.D’après une lecture critique de l’ouvrage de Francis Fukuyama, La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme, on a avancé que:
« Guerre, science/technologie et capitalisme, telle est la triade qui sert de toile de fond aux propos que Fukuyama consacre à l'économie. Selon l'auteur, les dirigeants politiques ont conscience du fait que les chances d'un succès militaire dépendent largement du recours que l'on a aux sciences et à la technologie. D'où un intérêt sérieux pour la science et la technologie. Mais ces deux disciplines ne peuvent pleinement s'épanouir que dans le cadre d'une économie capitaliste. D'où une tendance générale à l'homogénéisation des sociétés sur le modèle capitaliste. Le modèle économique capitaliste semble donc être le modèle économique vers lequel toutes les sociétés progressent. »[2]
A cet égard, la mondialisation politique s’est établie dans une perspective d’homogénéisation des sociétés sur le modèle capitaliste. Par ailleurs, il est à préciser que le combat pour la mondialisation ne néglige pas l’aspect culturel.

  La mondialisation est aussi un phénomène d’unification des différentes civilisations de ce monde. L’homogénéisation culturelle est un autre aspect de la mondialisation. Elle met en présence intensive et en concurrence des valeurs et des modes de vie.
Parallèlement au combat politique visant la globalisation économique, la mondialisation culturelle est un autre aspect escomptant l’universalité des valeurs. Amin Maalouf, sous sa plume, dans son essai, les Identités meurtrières, fait une description de ce que nous devenons sous l’effet de la mondialisation culturelle, à savoir : « des êtres tissés de fils de toutes les couleurs, qui partagent avec la vaste communauté de leurs contemporains l’essentiel de leurs références, l’essentiel de leurs comportements, l’essentiel de leurs croyances.»[3]
Le discours dominant, dans ce sens, parle d’une nouvelle civilisation humaine mondiale multi-culturaliste et de coexistence entre les différentes cultures. La mondialisation favorise un enrichissement et diversification des modes de vie et de la culture par les possibilités d’accéder à toutes les cultures et civilisation en engendrant, selon le camp auquel on appartient, ce qu’on appelle le multiculturalisme[4] ou l’inter-culturalisme. De ce fait, c’est une culture globale qui est recherchée dans un contexte de mondialisation. Et toujours l’objectif est celui de la réalisation d’une mondialisation économique.

Cet aspect, étant la facette centrale, constitue l’objectif lointain escompté par la vision politique de la mondialisation. Ainsi celle-ci est atteinte, plusieurs ingrédients d’ordre économique est ipso facto balisés : la pensée capitaliste est davantage partagée par les Etats, les accords relatifs à l’institutionnalisation des principes de la mondialisation sont de plus en plus entérinés et les institutions financières (Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds Monétaire International (FMI), etc.) sont devenues des acteurs effectifs et domine fortement le système économique mondial, etc.En bref, c'est la fin de l'autonomie économique et du protectionnisme douanier.
Finalement, il ressort que la mondialisation est protéiforme. Elle revêt un caractère à visage différent mais qui verse en fin de compte dans le même but, celui économique. Autrement dit, la réalisation de l’intérêt économique, escompté vraisemblablement par la mondialisation, implique dans les coulisses de nombreuses procédures en parallèle impliquant, entre autres, le rayonnement culturel, l’encouragement idéologico-politique, l’entérinement des chartes et de conventions interétatique d’ordre juridique. Il demeure, par ailleurs, après cet effort colossal de la part des néolibéraux de comprendre comment la mondialisation peut nuire à la souveraineté des Etats.



Les effets de la mondialisation inhérents à la souveraineté des Etatsse manifestentsuccessivement par la pression qu’exercent les institutions internationales sur les Etats membres, par l’hégémonie de la culture occidentale et par sa contribution à fomenter la montée du phénomène du terrorisme. 
21- Soumission des Etats aux pressions des Institutions Internationales :
Surtout connu pour son rôle de bailleur de fonds auprès des pays en développement, le Fonds Monétaire Internationale (FMI) n'octroie pas de prêts sans poser ses conditions : ces pays doivent effectivement mettre en place des programmes d'ajustement structurel. C'est à travers ces programmes que le FMI propose des solutions de redressement économique aux pays en développement. Les programmes d'ajustement structurel ont des effets dévastateurs aux niveaux économique et social dans les pays qui les adoptent.  Ces programmes affectent la souveraineté des pays et les forcentà adopter des orientations de politique économique particulières pour continuer à recevoir les versements de leur prêt.
S’ajoute à la pression du FMI, celle de l'action de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) : Si les mandats de celle-là touchent l'aspect financier de la coopération économique internationale, ceux de celle-ci vient se charge de son aspect commercial. En effet, créée en 1995 à la suite du Cycle de l'Uruguay, l'OMC est issue de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT: General Agreement on Tariffs and Trade) qui gérait le commerce des marchandises. Le mandat de l'OMC s'étend aux échanges de services et à la propriété intellectuelle (brevets, dessins industriels, noms de marque, droits d'auteur). La principale fonction de cette organisation est de faire la promotion du libre-échange en réduisant progressivement les barrières au commerce au fil des rondes de négociations. On cherche à transformer en mesures tarifaires les mesures non-tarifaires comme les quotas d'importation ou encore les subventions aux entreprises nationales pour ensuite réduire petit à petit les tarifs douaniers et tendre vers la libéralisation complète du commerce à l'échelle mondiale.
A cet effet, l’interdépendance des Etats membres aux institutions internationales est un réel fardeau pour de nombreux pays qui souffrent d’une compétitivité inégale se manifestant, entre autres, par un taux de chômage élevé et de criminalitéainsi que par la fuite des cerveaux et de la main d’œuvres... Ce qui nuit à la souveraineté des Etats. Outre cette incidence, l’hégémonie culturelle, dans un contexte mondialisé, est un autre facteur qui met à l’épreuve la souveraineté des Etats.
La crainte que suscite la mondialisation, pour de nombreux individus, sur le plan culturel, peut être formulée comme suit : la mondialisation est-elle autre chose qu’une américanisation ? N’aura-t-elle pas pour principale conséquence d’imposer au monde entier une même langue, un même système économique, politique et social, un même mode de vie, une même échelle des valeurs, ceux des Etats-Unis d’Amérique ?
Il va de soi que les risques d’une hégémonie culturelle sont réels notamment dans une époque de révolution numérique. Ce qui impliquerait, par conséquent, la perte de la souveraineté pour les Etats dits acculturés. Cette déduction s’appuie sur la réflexion de nombreux penseurs, entre autres, Edward Said, auteur de l’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident[5] qui n’a cessé de proclamer que l’invasion économique passe par l’aliénation culturelle. Autrement dit, l’Orientalisme fonde la suprématie de l’Occident à partir de son « savoir » textuel sur l’Orient. Said y analyse le système de représentations presque identique dans lequel les puissances occidentales - la France, l’Angleterre, les Etats-Unis - ont, au fil des siècles, enfermé l’Orient. L’enjeu est de taille :
« L’Orient n’est pas seulement le voisin immédiat de l’Europe, il est aussi la région où l’Europe a créé les plus vastes, les plus riches et les plus anciennes de ses colonies, la source de ses civilisations et de ses langues, il est son rival culturel et lui fournit l’une des images de l’Autre qui s’impriment le plus profondément en elle. De plus, l’Orient a permis de définir l’Europe (ou l’Occident) par contraste : son idée, son image, sa personnalité, son expérience. La culture européenne s’est renforcée et a précisé son identité en se démarquant d’un Orient qu’elle prenait comme une forme d’elle-même inférieure et refoulée. » [6]
D’ailleurs, cette même idée il lui a consacré tout un autre ouvrage intitulé Culture et impérialisme[7] : c’est un projet où il étudie la participation de la culture à la dynamique impériale.  Dans le même ordre des idées, Amin MAALOUF met en évidence le pourquoi de cette crainte de la mondialisation :
« Nous traversons, en effet, une époque, fort déconcertante, au cours de laquelle la mondialisation apparait à un grand nombre de nos semblables non comme un formidable brassage enrichissant pour tous, mais comme une uniformisation appauvrissante, et une menace contre laquelle il faut se battre pour préserver sa propre culture, son identité, ses valeurs. »[8]
Antonio Gramsci[9] est l’autre penseur qui a pointé de doigt cette notion d’hégémonie culturelle. Par ce concept d’«Hégémonie culturelle», il affirme que la conquête de l’hégémonie politique passe par la culture et les idées.
« L'hégémonie culturelle est un concept qui décrit la domination culturelle d'un groupe ou d'une classe et le rôle que les pratiques quotidiennes et les croyances collectives jouent dans l'établissement des systèmes de domination. »[10]
La mondialisation peut apparaître, ainsi, comme destructrice des cultures, des langues, des rites, des croyances, des traditions, comme destructrice des identités. D’où, l’éventualité de la genèse de la violence et du terrorisme qui n’a cessé de se répandre ces dernières années.
Pour comprendre l’expansion du phénomène du terrorisme actuel, il est judicieux de remonter l’Histoire. Car, au lendemain de la chute du mur de Berlin,les idées autour du Choc des civilisations[11]réapparaissent dansles espaces culturels.Pour Samuel Huntington, l’auteur de cet essai :
« Pour, une fois la guerre froide terminée, nous sommes entrés dans un monde où ce ne sont plus les idéologies ou l’opposition Nord-Sud, mais les civilisations qui sont devenues les principales sources de conflits. » 
Autrement dit, les peuples se regroupent désormais en fonction de leurs affinités culturelles. Les frontières politiques comptent moins que les barrières religieuses, ethniques, intellectuelles. Au conflit entre les blocs idéologiques de naguère succède le choc des civilisations...
Y avait-il choc des civilisations ou non ? Avec la nouvelle guerre du golfe, ce phénomène est toujours d’actualité et très controversé : Certains ont rejeté, certes, cette thèse. Mais qu’on le veuille ou non, l’on peut observer, autour de nous, qu’une simple animosité autour d’un aspect culturel qu’il soit d’ordre linguistique, religieux, ethnique, …peut raviver des conflits intercommunautaires au sein de l’Etat. A juste titre, il suffit d’évoquer les impardonnables crimes qu’a généré, ici et là, la secte surnommé DAICH en endoctrinant des éléments de tous les coins de la terre sous la bannière du jihad. Le Liban est, aussi, un exemple réel d’Etat qui est, depuis les années 60, s’est trouvé déchiré par des conflits intercommunautaires. Des conflits qui ne cessent de menacer de temps à autre sa stabilité nationale. Pour Amin Maalouf, l’un des penseurs éminents de ce troisième millénaire, exprime cette angoisse existentielle qu’a provoquée le phénomène de la mondialisation :
« Il ne fait pas de doute que la mondialisation accélérée provoque, en réaction, un renforcement du besoin d’identité. Et aussi, en raison de l’angoisse existentielle qui accompagne des changements aussi brusques, un renforcement du besoin de spiritualité. Or seule l’appartenance religieuse apporte, ou du moins cherche à apporter, une réponse à ces deux besoins. »[12]
Plus explicitement encore, un peu plus loin, dans le même ouvrage, il résume le nouvel ordre mondial et révèle la montée du phénomène religieux durant le dernier quart du XXe siècle :
‘’Il est évident, néanmoins, que le déclin puis l’effondrement du monde communiste ont joué un rôle déterminant dans cette évolution. Cela fait tout de même plus d’un siècle que le marxisme promet d’établir sur l’ensemble de la planète une société d’un type nouveau d’où l’idée de Dieu serait bannie ; l’échec de ce projet, tant aux plans économique et politique qu’aux plans moral et intellectuel, a eu pour conséquence de réhabiliter les croyances qu’il avait voulu jeter aux poubelles de l’Histoire. Refuge spirituel, refuge identitaire, la religion fut, de la Pologne à l’Afghanistan, un point de ralliement évident pour tous ceux qui se battaient contre le communisme. Aussi la défaite de Marx et de Lénine est-elle apparue comme une revanche des religions, au moins autant que comme une victoire du capitalisme, du libéralisme, ou de l’occident.’’[13]
Il semble, en fin de compte, que la souveraineté des Etats, dans un contexte mondialisé, est passible d’être vulnérable. Cela est motivé, entre autres, par les pressions qu’exercent les instances internationales, par les risques de la domination culturelle, ou finalement par la montée éventuelle de la violence terroriste. Toutefois, autant dire sur les incidences de la mondialisation, il convient de nuancer cette vision et voir de près les points positifs de la mondialisation sur la souveraineté des Etats.



Il fait maintenant des décennies que le processus de la mondialisation a pris sa course. Et, les Etats, semble-t-il, s’ils ne s’effritent pas, ils s’immunisent, s’adaptent et renforcent leur potentiel. De ce fait, les contraintes du néolibéralismesont devenues alors un atout pour l’économie de nombreux Etats,l’hégémonie culturelle américaines’est muéeen un discours sur la protection de ladiversité culturelle et les Etats tendent à s’ouvrir sur des questions planétaires.
La mondialisation est un outilindispensableayant permis aux Pays en Voie de Développement(PVD) de sortir de l’impasse du sous-développement. En effet, par la suppression des barrières douanières, elle permet l’arrivée massive des capitaux étrangers dans les PVD et favorise l’investissement. Si l’on prend l’exemple caricatural de MAC DO peut affirmer que c’est indéniablement une firme américaine.
Devant les impératifs du libre-échange, les Etats sont poussés concrètement à adapter leurs politiques stratégiques afin de sauvegarder leurs souverainetés. En somme, la mondialisation amène les États à se lancer dans une course à la compétitivité afin d'assurer le développement socioéconomique de leur territoire. En ouvrant les frontières au commerce, elle fait en sorte que les entreprises sont désormais en compétition avec des entreprises de partout dans le monde et non plus seulement avec les entreprises locales. Afin d'encourager la compétitivité de leurs entreprises, les États développent des stratégies nouvelles qui leur permettent de jouer un rôle actif dans la promotion de leur économie locale tout en respectant les règles du commerce international. L'impératif de compétitivité qu'engendre la mondialisation se traduit principalement par des politiques publiques de soutien à l'innovation et à la recherche et développement. Autrement dit, la mondialisation économique, impose aux pays en voie de développement une transparence politique qui leur fait défaut. C’est le prix de cette transparence imposée par la mondialisation que les PVD pouvant assainir la gestion publique, diminuer la pression de la dette extérieure et de ce fait commencer un véritable développement.
Quant aux pays du Nord, la mondialisation offre des atouts. A titre d’exemple : l’avantage de l’unification économique en Europe. En effet, l’établissement du marché commun est le cœur de l’unification économique, avec lui les états membres ont créé un espace économique européen homogène où les barrières douanières et commerciales ont été supprimées.
En définitive, la mondialisation représente une opportunité sur le plan économique pour de nombreux pays appartenant aussi bien au Sud comme au Nord. Toutefois, l’avantage de la mondialisation n’est pas uniquement l’apanage du secteur économique. Le champ cultuel est aussi bénéficiaire.
La mondialisation n’entraîne pas forcément une culture globale, celle américaine. Plutôt, elle impose une interaction culturelle favorisant la diversité et l’enrichissement des Etats.
L’imitation aveugle des américains en ce qui concerne le mode d’habillement, la façon de manger, de parler, de chanter…ne représente pas une idée fort défendable actuellement. Ce n’est pas parce que l’Amérique est une superpuissance économique que l’hégémonie culturelle est une question gagnée d’avance. Il témoigne cela les exemples suivants :aujourd’hui, le couscous marocain investit tous les coins du monde ;inversement, le thé qu’on boit chaque jour est-il d’origine marocaine ? Sur le plan linguistique, certes la langue anglaise est la première langue parlée. Mais, pour un étranger, c’est un enrichissement culturel et une valeur ajoutée lui permettant de parler une autre langue. C’est une ouverture pour mieux connaitre l’Autre. En somme, c’est le multiculturalisme qui cède le pas à l’interculturalisme.Le fin mot, alors,est que la mondialisation a favorisé le discours sur la diversité culturelle. C’est à l’instar de la défense de l’espèce animal qu’il a été constaté une urgence de préserver la diversité culturelle. Amin MAALOUF exprime ses convictions dans ce sens :
« je ne doute pas que la mondialisation menace la diversité culturelle, en particulier la diversité des langues et des modes de vie ; je suis même persuadé que cette menace est infiniment plus grave que par le passé, […] seulement, le monde d’aujourd’hui donne aussi à ceux qui veulent préserver les cultures menacées les moyens de se défendre. »[14]
 Cette idée de la diversité culturelle s’est affirmée comme un sujet majeur des débats internationaux au sein des organisations internationales et régionales depuis 1998. un certain nombre d’organisations a examiné cette question : le G8 (Okainawa 2000) le conseil de l’Europe (déclaration sur la diversité culturelle décembre 2000), l’UNESCO (déclaration universelle et plan d’action sur la diversité culturelle novembre 2001, auxquels la communauté européenne et ses membres ont apporté leur soutien) et les Nations Unies et l’Union internationale des Télécommunications (UIT) à travers le sommet mondial sur la société de l’information, qui s’est tenu à Genève en 2003 et sera tenu en Tunisie en 2005.
Ainsi, la mondialisation favorise l’interculturalisme et non le multiculturalisme qui prône la juxtaposition des cultures dans un même territoire. La mondialisation a permis aux cultures en voie d’extinction l’opportunité de défendre le droit culturel qu’était au long des siècles une chose ordinaire. De ce fait, la mondialisation a donné la chance d’unir le monde autour de question mondiale et qui sont en faveur de l’Humanité dans son ensemble.

33- Mondialisation, facteur d’harmonisation universelle.

Le brassage humain, le mélange de l’humanité entière n’est pas en soi un phénomène nouveau, ce qui est nouveau c’est la rapidité et l’intensité de ce brassage planétaire.
Aujourd'hui, l'humanité assiste à une évolution humaine sans précédent. Grâce à l’évolution numérique, le brassage humain constitue un état phénoménal à l’échelon planétaire. L’Homme d’aujourd’hui s’avère plus proche de ses contemporains que de ses ancêtres. Amin MAALOUF le décrit en s’interrogeant comme suit :
« Serais-je en train d’exagérer si je disais que j’ai bien plus de choses en commun avec un passant choisi au hasard dans une rue de Prague, de Séoul, ou de San Francisco, qu’avec mon propre arrière-grand-père ? Non seulement dans l’aspect, dans le vêtement, dans la démarche, non seulement dans le mode de vie, le travail, l’habitat, les instruments qui nous entourent, mais aussi dans les conceptions morales, dans les habitudes de pensée. »[15]


Si la mondialisation n’est pas à la source de ce brassage planétaire, elle y a certainement contribué depuis quelques décennies. En effet, la mondialisation, en augmentant les relations entre individus en tout point du globe, que ce soit par le biais de nouvelles technologies ou par les progrès des transports, a permis l’échange d’idées et de conceptions qui n’auraient pas auparavant eu lieu.
Cette convergence des perceptions, à travers le monde, a permis l’ouverture de nombreuses débat d’ordre international, à savoir : le dialogue interculturel pour la préservation de la diversité culturelle, le Droit de l’Homme, la question de l’environnement, le terrorisme, la promotion de la société civile….Et, tout cela bien entendu dans une perspective de renforcer la paix, la sécurité et la stabilité au niveau mondial.



CONCLUSION

De ce qui précède, il ressort que la mondialisation est multiforme. Elle endosse un caractère à visage différent : idéologique, politique, juridique, culturel, économique, et d’autres. Or, il convient de retenir que tous les aspects de la mondialisation sont au service d’un seul but, celui économique. Ainsi, l’idéologico-politique a favorisé le dépassement des freins des principes du communisme que cherchaient les capitalistes pour l’instauration du Libre-échange. Aussi, l’aspect juridique, lui, constitue une partie intégrante de la vision de la mondialisation. Car, celle-ci est un phénomène qui ne peut se dérouler sans le droit international. De surcroit, l’homogénéisation culturelle est un autre aspect de la mondialisation : elle met en concurrence des valeurs et des modes de vie…Sous l'angle économique, la mondialisation est un processus menant à l'augmentation des échanges commerciaux transfrontaliers, à l'internationalisation de la production, à l'ouverture des marchés et à l'interdépendance des économies nationales.
Ensuite, la seconde partie a tenté de montrer comment la souveraineté des Etats, dans un contexte mondialisé, est passible d’être vulnérable. Pour ce faire, trois incidences palpables ont été développées : premièrement, l’interdépendance des Etats membres aux institutions internationales est un réel fardeau pour de nombreux pays qui souffrent d’une compétitivité inégale. Forcés de se plier au joug de la compétitivité, de nombreux Etats s’orientent vers des contrats de crédits en finissant, parfois, par se soumettre aux programmes d’ajustement structurel.Deuxièmement, l’incidence de l’hégémonie culturelle : la mondialisation apparaîtcomme destructrice des cultures, des langues, des rites, des croyances, des traditions, comme destructrice des identités….bref, de la souveraineté de l’Etat. Finalement, et en réaction à l’angoisse existentielle provoquée par les changements vertigineux, la mondialisation a ouvert la porte à la violence et au terrorisme en compensation au besoin identitaire.
La dernière partie, elle, a adopté l’autre vision, celle qui prône les points positifs de la mondialisation sur la souveraineté des Etats. Cette vision a été corroborée par trois points : le premier a mis en évidence comment la mondialisation, malgré ses contraintes, représente une opportunité sur le plan économique pour de nombreux pays appartenant aussi bien au Sud comme au Nord. Ensuite, le second, lui, a essayé de véhiculer l’idée que la rencontre des cultures n’implique pas forcément la domination culturelle des pays superpuissants économiquement mais une interculturalité, une diversité culturelle et un enrichissement des Etats. Quant au dernier point, il a concerné la contribution de la mondialisation en tant que facteur d’harmonisation universelle favorable au traitement de sujets planétaires en perspective de renforcement de la sécurité et de la paix mondiale.
A l’issue, concevoir la mondialisation comme source de malédiction ou de bénédiction pour la souveraineté des Etats n’est pas là un choix. Personne n’est dupe : elle ne sera à jamais objet à référendum ; son« vent » souffle partout en envahissant tous les continents. Les Etats, acculés à subir ce vent, trouveraient-ils le salut en suivantle conseil d’Amin MAALOUF suggérédans l’épigraphe :« Il serait absurde de chercher à l’entraver ; mais si l’on navigue habilement, en gardant le cap et en évitant les écueils, on peut arriver à « bon port » ». Arriver au« bon port »s’avère, en fin de compte, le rêve de l’Homme de ce troisième millénaire qui suit avec amertume voire peineles rivalités ravivées aujourd’hui ici et là ; c’est le rêve d’un Homme assoiffé d’une mondialisation fondée sur la coopération et la solidarité, le partage des responsabilités, l’élimination des pressions et des disparités, le règlement des conflits sur la base de la justice et l’équité. En bref, l’Humanité a, plus que jamais, besoin d’un ordre mondial des comportements, des habitudes dans le bon sens. Un ordre qui fortifie la volonté politique internationale et exhorte les décideurs à valoriser le respect des droits de l’homme et des principes humaines. Que l’on demeure toujours optimiste et il n y a pas lieu à perdre espoir !!!



[1]Selon le dico du commerce international : Accords signés en 1944 à Bretton-Woods (petite ville de l’état du New Hampshire aux Etats-Unis) pour la réorganisation du Système monétaire international. Ces accords, ratifiés par 44 pays, visent à rétablir un ordre monétaire international par la création d’un Fonds monétaire international (FMI) et à favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Ils font également du dollar la monnaie de référence dans le monde et donc de lier les cours des devises étrangères au dollar plutôt qu’à l’or. En 1976, les principes de Brettonwoods ont été abandonnés par tous les membres signataires et les devises du monde avaient de nouveau une fluctuation libre.
[2]Article publié sur https://www.scribd.com/document/326064054/La-finde l’histoire (Norbert Carnpagna forum nr 137)
[3]MAALOUF Amin, Les Identités meurtrières. Éd. Livre de poche, 2001, P118.

[4] Ce terme est ambigu qui peut signifier un pluralisme culturel dans lequel les différentes ethnies collaborent et dialoguent sans avoir à sacrifier leurs identités particulières.
[5]Edward W. Said, L’ORIENTALISME. L’Orient créé par l’Occident., Editions Seuil. Paris, 1994.L’Orientalisme constitue son œuvre majeure. « La vie d’un Palestinien arabe en Occident, en particulier en Amérique, est décourageante. Le filet de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui entoure l’Arabe ou le musulman est réellement très solide. » C’est cette expérience qui a poussé en 1978 Edward Said, professeur de littérature comparée à la Columbia University de New York, à écrire « L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident », un livre qui a connu un retentissement mondial, comme en atteste sa traduction en 37 langues.
[6]http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-505_fr.html (article critique dont la source: La république des idées.)
[7]Edward W.  Said   Culture et impérialismeFayard 2000 /  555 pages ISBN : 2-213-60791-5
[8]OPCIT P 120
[9]Antonio Gramsci (1891-1937), le penseur-philosophe marxiste italien.
[11]Le Choc des civilisations est le titre d'un essai d'analyse politique rédigé par l'Américain Samuel Huntington, professeur à Harvard, paru en 1996 et traduit en français en 1997. Pour plus de détail : En 1993, la revue américaine « ForeignAffairs » publiait un article du professeur Samuel Huntington sur le choc des civilisations. Face aux nombreuses critiques dont l’article a fait l’objet, l’auteur a décidé d’exposer plus longuement sa thèse dans un livre, publié en 1996. Ce livre intitulé « The Clash of Civilizations » n’était pas le premier à avoir entrevu un choc des civilisations dans le monde, pourtant il est devenu la référence principale si on parle des différences culturelles de nos jours.
Deux ans avant Samuel Huntington, le Professeur de l’Université Mohammed V à Rabat Mahdi Elmandjra, a annoncé la « Première guerre civilisationnelle ». Il était alors le premier écrivain qui en a parlé, néanmoins, son livre, publié en 1992, n’a pas éveillé une attention particulière, et il est resté secondaire comparé à celui de Huntington.

[12]OpcitP 106
[13]Opcit P100.
[14]Ibid p146
[15]Ibid p 117-118
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