SOMMAIRE
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE: LES QUALITES DE L'OFFICIER DE DEMAIN
11) le contexte nouveau des interventions
12) la capacité au commandement
13) l’évolution des comportements
DEUXIEME PARTIE: LES COMPETENCES
PROFESSIONNELLES DE L'OFFICIER DE DEMAIN
21) Dans l’exercice quotidien de son métier.
22) Dans des situations nationales ou internationales :
23) répondre aux exigences des nouvelles technologies:
TROISIEME PARTIE: LES COMPETENCES
INTELLECTUELLES DE L'OFFICIER DE DEMAIN
31) Connaissance de langues un facteur de réussite
32) Connaissance juridique
33) Connaissance des problèmes inhérents au métier
CONCLUSION
INTRODUCTION
Au cours
de l’histoire humaine, l’évolution du militaire, et plus
particulièrement les grands militaires et officiers qui ont occupé des
positions d’élite, a été très marquantes. En effet, L’expérience des armées
anciennes, particulièrement celles de la civilisation romaine, de
la première et la deuxième guerre mondiale où les militaires ont
pris des positions qui étaient reconnues par la société civile, a montré
que les officiers doivent pouvoir servir dans des climats et des cultures
extrêmement différents. Au cours des douze dernières années, les Etats-Unis ont
déployé des soldats de l’armée de terre, des Marines, des soldats de l’armée de
l’air, dans 99 opérations dans
le monde entier pour assurer la paix, la
sécurité et la stabilité régionale. C’est pourquoi, quelle que soit l’armée à
laquelle un officier appartient, celui-ci peut espérer servir sous tous les
climats, dans tous les pays du monde et découvrir donc d’autres nations et
d’autres cultures. Il faut que les officiers puissent tout faire, qu’ils soient
créatifs, intelligents et qu’ils sachent prendre des risques. Les officiers
doivent être proactifs, réactifs, audacieux dans des environnements chaotiques,
et capables de gérer les ressources pour
un combat. Dans ce cadre monsieur Jean
GUITTON n'aurait- il pas dit que « L’homme de guerre du XXI° siècle devra
être un penseur. Et penser c’est renouveler sa vision des événements, des
êtres, de tout ». Ce philosophe voulait juste nous montrer que le chef
militaire doit intégrer, dans sa réflexion et l’action qu’il conduit, la
dimension exorbitante de la mondialisation et de
la haute technologie et doit savoir bien
sûr conduire un régiment, mais il doit apprendre les concepts asymétriques des
conflits.
Alors, pour faire de la prévention il faut des
hommes qui comprennent l’environnement géopolitique et qui sont au
contact de tous
les aspects des développements de la
société. Les officiers ont toujours déplacé des régiments sur le champ de
bataille, mais maintenant avec les avancées technologiques, il y a des liens
plus étroits avec la sociologie et la politique qu'un officier doit connaître
sur les bouts des doigts !
Dans ce contexte, il serait très précieux de savoir si
l'officier de demain sera vraiment différent de ses anciens.
Bien que les besoins à long terme du
perfectionnement professionnel des officiers restent le fondement lié à
l'orientation des chefs militaires, l'officier de demain serait différent de
ses anciens par son orientation stratégique nécessaire pour relever
les défis et répondre aux exigences envisagés pour les armées du 21° siècle,
surtout, il doit être en mesure de travailler dans des milieux
diversifiés, caractérisés par la présence d’interlocuteurs inhabituels où
l’élément militaire est très souvent mêlé à l’élément politique, diplomatique.
Ainsi, l'analyse des qualités de l'officier de demain
et ses capacités militaires et intellectuelles illustreront le bien fondé de
cette thèse.
PREMIERE
PARTIE:
LES
QUALITES DE L'OFFICIER DE DEMAIN
Bien qu'il doive posséder les mêmes qualités de
base, l'officier de demain sera différent de ses anciens par sa prise en
compte du contexte nouveau des interventions et surtout sa prédisposition
aux nouveaux changements de comportement et aux
justifications morales dictées par le volet humaniste.
11) Le
contexte nouveau des interventions
Dans la conjoncture actuelle, l’officier éprouve des
difficultés à définir son ennemi et de faire des hypothèses à son sujet. Ces
difficultés qui ont des prolongements dans le domaine moral et matériel
imposent un effort d’adaptation, d’imagination, de logique et surtout
d’attention et de volonté pour ne pas céder au découragement ou à la routine.
D’abord, un officier devra être un commandant, donc
associer au niveau maximum les qualités professionnelles et celles de
l’officier, tout en laissant un peu à côté les compétences très pointues du
spécialiste. En revanche, en tant que commandant, il doit mettre en œuvre des
capacités de management et de leadership. Dans certaines affectations au sein
d’un état-major, on attend qu’un officier mette en œuvre des capacités de dirigeant,
donc des capacités de conception et de direction finalisées au progrès de
l’entreprise armée dans les domaines qui peuvent être les domaines de la
politique, de la planification technico-financière, de la gestion du personnel
ou en relation avec l’industrie, les médias ou les autres organismes
institutionnels.
Dans chaque domaine, on demande à l’officier de demain
de mettre en œuvre une combinaison de son savoir et son savoir-faire. Le dosage
de cette combinaison, de ce mélange dépend du poste occupé. Ainsi, le chef de
demain doit il être non seulement un spécialiste, mais aussi un bon chef
capable d’assurer la responsabilité de ses hommes et la réussite
opérative des missions qui lui seront confiées au sien d’une panoplie d’intervenants.
En plus, il doit mettre en œuvre des capacités de management pour gérer
l’activité globale de son unité et des capacités, bien sûr, de leadership pour
pouvoir conduire ses hommes en opération avec efficacité.
En suite, l’officier de demain devra cultiver des
vertus telles que la valeur, la loyauté, la discipline. Dans un monde où la
spécialité est la clé de la qualité et de l’efficacité, la faiblesse des
moyens et la variété des missions entraîneront une préparation qui sera
variée et polyvalente. Cependant, disposant d’officiers expérimentés et
préparés pour lutter en combat de haute intensité, ils seront aussi prêts pour
d’autres types de missions moins exigeantes comme l’aide humanitaire. Le haut
degré d’incertitude qui existe aujourd’hui et qui est dû à la diversité
des menaces possibles, rend impossible de prédire les endroits où
seront projetées les forces qui contribueront à la sécurité. Ceci
implique que l’on peut disposer de chefs avec une disponibilité totale et avec
un haut degré de motivation.
L’officier de demain doit être solide moralement,
résistant au stress et à la fatigue et rompu à servir dans un environnement
interarmes, interarmées et international. Cet état de fait nécessite des
hommes équilibrés, vivants en parfaite symbiose avec leurs environnements et
convaincus d’avoir fait le bon choix en ayant opté pour le métier des armées.
Si autrefois, le chef militaire faisait la guerre pour
défendre son pays ou l’opprimé, pour punir ou détruire l’adversaire, demain, il
ne peut plus utiliser son arme ou donner un ordre sans risquer un
incident diplomatique. Il a le devoir d’empêcher la guerre, plus que de la
faire. Pour les instances onusiennes, il n’y a en effet pas d’ennemi. Cette situation
est donc très difficile à gérer pour un officier. L’officier n’est plus jugé
sur son aptitude à faire la guerre mais sur son aptitude à éviter le combat,
sur l’importance qualitative et quantitative des convois humanitaires qu’il
escorte. Avouez que c’est un changement fondamental de ses valeurs.
Enfin, lorsque conformément aux ordres
reçus, le chef militaire respectueux de l’idéal militaire et humanitaire qui
consiste à ne prendre partie pour aucun camp, assiste, lors d’une guerre civile
à des massacres, des exécutions ou des viols de la population d’un des deux
camps par l’autre, il est accusé de connivence avec le clan des vainqueurs et
exposé au pilori de
la honte médiatique sur tous les écrans
cathodiques de son pays et du monde.
L’officier, maintenant, est devenu plus un homme de paix qu’un homme de guerre
fait pour défendre son pays. Les interventions militaires récentes que ce soit
en Somalie, au Cambodge, au Rwanda ou en Yougoslavie sont des interventions de
maintien ou de rétablissement de la paix ou des interventions humanitaires.
Dans ce contexte, l’officier se trouve confronté à une évolution de la doctrine
qui l’oblige à revoir le bien-fondé de ses idéaux et la motivation de son
engagement.
Certes, les qualités de base sont toujours
valables mais ces valeurs se conjuguent maintenant avec les caractères
conjoncturels variables selon l’époque ou le lieu d’intervention qui modifient
quelque peu ces valeurs initiales. Ainsi l’idéal militaire est de prendre en
compte les données de l’idéal humanitaire et adopter des nouvelles valeurs
humanistes qui dépassent largement le cadre militaire. Secourir, sauver,
s’entraider, protéger, assister des populations en détresse font maintenant
partie de la panoplie des missions qu’exécute le militaire. S’interposer en
montrant sa force entre des belligérants, mais en ayant l’intention de ne pas
l’utiliser est une mission nouvelle qui consiste à ne pas utiliser ces armes
sauf pour l’autodéfense.
12) La capacité au commandement
L’officier de demain doit posséder un certain nombre
de valeurs morales tels Le bon sens, la rapidité de jugement, la
promptitude de la décision et Force morale.
Si, la guerre au sens classique du terme exigeait de
la part du chef militaire des vertus primaires, telles que la loyauté, la
bravoure, l’obéissance, l’esprit de camaraderie et l’exemplarité, tout comme la
compétence dans l’exercice du commandement, la créativité, la capacité à
apprendre, l’aptitude à communiquer ainsi que la force physique et psychique.
Cela ne changera pas à l’avenir. Mais, pour commander ses hommes dans le
respect de la mission reçue, l'officier de demain doit acquérir d’abord le bon
sens et la rapidité de jugement. Ainsi, avec l'évolution profonde de la
doctrine militaire et la présence d’interlocuteurs inhabituels, Une hésitation,
une mauvaise analyse du problème ou une mauvaise synthèse des solutions à
apporter peut porter préjudice à la mission dont il a la charge. A cet effet,
l'homme de guerre du XXI° siècle doit être préparé à effectuer des choix entre
plusieurs solutions et parfois il faut faire des choix difficiles. Au secours
d’une population victime d’une inondation, l’officier peut être confronté au
choix de sauver telle ou telle vie. Les moyens mis à sa disposition lui
imposent de choisir.
Mais quoiqu'il fasse, l’autorité naturelle doit faire
partie intégrante de la panoplie de l’officier. Il n'est pas judicieux d’analyser
une situation, de trouver des solutions si les hommes ne sont pas prêts à vous
suivre. Au combat, il faut que les hommes sentent que la solution retenue
par leur chef est la bonne et que s’ils la suivent ils auront une chance de
sauver leur vie tout en remplissant la mission. Car le combat n’est qu’une
suite ininterrompue d’actions où l’on risque de mourir à tout moment.
En outre, il
ne sert à rien de bien évaluer un problème, de trouver
une solution et de ne pas être prompt à
mettre en oeuvre une décision claire. Si l’officier ne prend pas une décision
claire et rapide, la situation peut empirer. Face à une situation, un problème
exigeant décisions et ordres, la troupe attend et si de cette attitude dépendra
la confiance que les soldats placent en leur chef et par extension le
succès ou l’échec de la mission. Bref, être chef n’a jamais été un privilège,
mais plutôt une grande charge et responsabilité qui exige la prise de décision
juste et rationnelle.
Enfin, l’officier doit avoir une force morale lui permettant de s'adapter
facilement à l'évolution de la situation sur les champs de bataille. Ainsi,
imprégné des valeurs que doit avoir un officier, la force morale est un
excellent moteur pour mener les hommes car elle est communicative. Cette force
permet au chef de ne jamais baisser les bras même dans les conditions les
plus dures.
Dans ce contexte, le chef militaire du XXI° siècle doit croire et s’engager
dans les valeurs fondamentales de l’Institution militaire, avec créativité,
initiative et souplesse, ensuite il doit être hardi, innovateur, coopératif,
leader. Surtout savoir s’adapter aux situations les plus complexes et pouvoir
agir dans les différents milieux opérationnels présents sur notre territoire,
13) L’évolution des comportements
L'homme de guerre du 21° siècle doit être adapté
à l'évolution du comportement qui est influencée par l’action médiatique. Le
chef moderne ne peut plus être un penseur solitaire, mais il doit agir pour
être efficace et doit acquérir une méthode de raisonnement qui lui permettra de
prendre rapidement une décision après avoir analysé objectivement une
situation.
En effet, Le moindre fait et geste qui sort de la
rigueur morale attribuée aux armées par l’opinion est aussitôt annoncé au grand
public. Donc, l’officier de demain sera obligé de tenir compte de cela pour
prendre ses décisions ou provoquer l’action. Son comportement a donc évolué et
s’est adapté à la ‘’médiacratie’’, et au fait de la contraction de média et de
démocratie. Ainsi, le journaliste est libre de ses idées, de l’interprétation
qu’il a des faits et du contenu de ses articles ou de ses reportages. C’est
donc au chef militaire que revient la part la plus difficile de la
communication. Ne rien faire qui puisse être sujet à caution ou à une mauvaise
interprétation passe donc par un changement de comportement d’une part face aux
journalistes, d’autre part face à l’événement.
De surcroît, l’officier doit comprendre comment
travailler avec des membres d’organisations gouvernementales, tels que le
ministère de l’intérieur ou du trésor, les organisations non gouvernementales
et les organisations internationales gouvernementales. Il faut des officiers
agiles mentalement, qui puissent passer très rapidement d’opérations de combat
à des opérations de maintien de la paix. Ils doivent pouvoir passer d’un
environnement unilatéral à un environnement de coalition, supporter la vie et
le combat dans le désert et le lendemain faire du combat en zone urbaine.
Enfin, si auparavant les grandes institutions
internationales ne faisaient que juxtaposer des unités de différents pays en
prenant actes de leurs différences, ce n’est plus le cas à présent. Ce
changement s’aperçoit également à travers les lois et décrets de chaque pays.
Ainsi en France, le règlement de discipline générale des armées françaises
modifié en 1984 et le Code Civil, rend le militaire responsable de ses actes,
qu’il agisse sur ordre ou de sa propre initiative. Aussi l’excuse d’obéir aux
ordres ne constitue-t-il plus un alibi aux yeux de la loi. L’officier devra
alors choisir, si d’aventure il recevait un ordre contraire aux bonnes mœurs,
d’obéir entre tout ce que cela peut entraîner vis à vis de la loi de son pays
ou désobéir entre tout ce que cela entraîne vis à vis de la discipline.
Demain plus qu'aujourd’hui, l’armée a besoin de chefs
capables d’appréhender le milieu physique et humain dans lequel ils évoluent.
Cette formation pluridisciplinaire doit être complétée de toute évidence par
une profonde réflexion sur les raisons réelles de son engagement ayant pour
origine une culture commune fondée sur l’éthique évolutive des officiers. Bien
que sa mission soit clairement définie, le chef militaire agit souvent dans un
contexte où il ne peut pas toujours distinguer ami et ennemi, où la langue et
la culture lui sont étrangères et où chaque région présente ses particularités.
De plus, il convient de tenir compte d’une multitude d’OG et d’ONG. Il n’existe
donc plus de directives homogènes pour son action concrète. Contraint de
décider en toute indépendance, le chef militaire devra posséder des convictions
fondamentales universelles et un fondement éthique solide et bénéficier d’une
formation systématique visant à mettre en accord sa pensée et son action.
Certes, l’affirmation de qualités fondamentales reste
indispensable aux hommes de guerre du 21°siècle. Mais, cela nécessite aussi une
forte culture militaire.
DEUXIEME
PARTIE:
LES
CAPACITES MILITAIRES DE L'OFFICIER DE DEMAIN
Avec, La révolution technologique, l’officier de
demain sera différent de ses anciens car il doit posséder un bagage technique
suffisant. Pour cela, les chefs militaires devraient être disposés à
innover, avec un esprit créatif et avec une volonté d’apprentissage. Ces
aspects définissent un "art" et une "science" qui
constituent l’exercice du commandement. Cependant il faudra avoir présent
à l’esprit que même si la base est constituée par le "savoir",
c’est-à-dire la "science", ce qui deviendra décisif sera le
savoir-faire. C’est sur ce point que les capacités créatives et
d’innovation du chef feront toute la différence.
21- Dans l’exercice quotidien de
son métier :
Les nouvelles technologies sont dans un processus
d’évolution permanente. Rester en arrière dans la connaissance de ces
possibilités a pour effet de donner un avantage à ceux qui essaieront
d’employer ces avancées technologiques contre nous. Dans ce contexte, les
officiers de demain devront faire d’énormes efforts individuels et surtout
avoir une mentalité ouverte et une vue sur le futur. C’est donc, une
nouvelle forme de commandement, conditionnée en grande mesure par les
technologies de l’information qui vont casser les structures pyramidales.
En effet, les chefs devront affronter le
commandement dans des sphères de contrôle plus larges. L’adaptation est un
symptôme d’intelligence, mais l’intelligence recherchée par les officiers de
demain est l’intelligence efficiente, l’intelligence du gagnant,
c’est-à-dire l’intelligence émotionnelle qui est celle qui contient des
éléments comme créativité, responsabilité, puissance de travail, capacité
d’écouter et de communiquer, anticipation des événements, intuition basée sur
de grandes connaissances et sur les expériences et capacité pour
développer une vision à partager.
Dans ce sens, la formation de ces officiers de demain
constituera un élément indispensable et devra devenir un processus
continu qui comprendra diverses phases pendant tout le déroulement de la
carrière pour accroître les qualités fondamentales du chef à chaque niveau
de commandement. Ainsi, l'officier de demain doit être formé pour mieux
s’intégrer dans son unité et faire valoir son savoir faire pour gérer
quotidiennement sa formation. En temps de paix, il doit penser à instruire ses
hommes, les former et les initier à affronter des situations qui sortent un peu
de l’ordinaire, car c’est de lui, que dépend le degré d’efficacité de son
unité.
Cette phase, qui précède toute décision le
jour de l’action, est bien l’arsenal dont tout officier doit disposer. Un
arsenal qui n’a de valeur que si des efforts sérieux sont conjugués dans le but
de perfectionner ces connaissances et ces capacités. A cet effet, il importe de
dispenser une formation qui encourage la capacité d’initiative et qui permette
de s’entraîner aux procédures requises. Cela requiert de la part du chef
militaire de demain des qualités telles que : sensibilité, capacité à
apprendre, connaissances historiques et aptitude à communiquer, y compris avec
d’autres organisations et cultures, bref une compétence du réel, lui permettant
d’appréhender et d’évaluer une situation dans sa totalité. La notion de
compétence du réel est étroitement liée
à la multi nationalité.
En outre, dans le domaine tactique, l’officier
doit enrichir son esprit par la maîtrise des méthodes de raisonnement
tactique en exerçant son sens dans le discernement des difficultés et lacunes
inhérentes au commandement et à la transmission des ordres, et en mettant
en exergue sa volonté de persévérer et d’apprendre. Si auparavant, le nombre
réduit d’interventions permettait de choisir les officiers avec certain
préavis, l’augmentation de la demande et les critères plus élevés rendent cette
méthode caduque. Il est donc nécessaire d’avoir des officiers aptes à occuper
des fonctions de haute responsabilité.
Enfin, une bonne connaissance de l’outil informatique
et bureautique sera indispensable pour les officiers de demain car elle leur
permet de remplir efficacement les missions dont ils ont la charge. La
bureautique a, d’autre part, pris une grande importance
et, particulièrement dans les pays anglo-saxons, une majorité d’officier
dispose d’un ordinateur. Reliés à un réseau, ces appareils permettent des
échanges instantanés d’informations. Et même si un support écrit est plus
conforme à nos traditions, se couper de ce moyen d’information aboutit
rapidement à une mise à l’écart.
22) Dans des situations nationales ou internationales :
Aujourd'hui, les Forces Armées et, en particulier les
Forces Terrestres, sont engagées dans des opérations qui n’ont que peu de
choses à voir avec celles des siècles précédents. A cet effet, l’armée se doit
disposer d’officier en quantité et en qualité, aptes à servir dans un
état-major aussi bien national que multinational.
En effet, de nouveaux savoir-faire sont indispensables
et leurs acquisition ne peut continuer à reposer sur l’initiative individuelle
d’où découle la nécessité d’avoir des officiers adaptés pour faire face aux
nouveaux contextes d’engagement. Sur le territoire national la défense n’a plus
pour but premier de contrer une menace classique. Les opérations extérieures
ont une vocation préventive, voire humanitaire. Cela signifie, pour autant, que
l’action militaire a fondamentalement changé de sens, et le chef militaire doit
intégrer, dans sa réflexion, l’action qu’il conduit, la dimension exorbitante
de la mort et de nouvelles exigences de la révolution technologique. En matière
de défense et de sécurité collective, la prudence n’est pas synonyme
d’immobilisme. Elle conduit à préparer le pire : c’est-à-dire la guerre. Elle
peut aussi chercher à prévenir le pire, en imposant, si nécessaire, par
la force militaire la résolution d’une crise. Elle requiert enfin d’être
prêt face au probable, c’est-à-dire à réagir face à l’inattendu. D’autant plus,
l’officier de demain est tenu d’être apte à maîtriser et gérer les situations
de crise dans son propre pays.
C’est en fait le mode d’action
général de l’armée qui a subi
un profond changement. D’une armée bâtie,
préparée et équipée pour un combat à mort, en vue de la survie de la nation, il
faut passer rapidement, à une armée en mesure de participer à des opérations ne
mettant pas directement en cause les intérêts vitaux de la patrie, mais
contribuer
à la sécurité interne du pays. C’est dans
ce cadre qu’apparaît le nouveau
profil de l’officier.
Avec la multiplication des crises
sociales, les grèves et les émeutes,
la participation de l’armée sera souvent
sollicitée. De ce fait, l’officier devra agir avec sang froid afin de ne
pas perdre la maîtrise de ses hommes et de là, la maîtrise de la situation en
général. Il doit être capable de différencier entre les interventions
classiques, face à un ennemi étranger, et ce genre d’interventions. Sa
formation ainsi que celle de ses hommes, doit notamment inclure ce volet,
comment devra-t-il réagir et se comporter dans de telles situations, sans
oublier la difficulté des interventions à caractère urbain qui ne nécessite pas
mal de préparation et d’exercice d’entraînement. Ainsi, les officiers de
demain, que ce soit en temps de paix ou de crise, à l’échelon national ou
international, seront confrontés à de nouvelles situations qui doivent être
prises en considération. Cependant, les connaissances techniques constituent,
elles aussi, une part importante que l’officier doit enrichir à tout
prix.
En outre, l’aide aux populations ou tremblement de
terre, constitue une partie importante des missions qui sont assignées aux
militaires. Par conséquent, l’officier doit être formé dans ce sens, afin de
garder le sang froid et la maîtrise de soi face à des situations de ruine, de
misère et de mort. Face à l’ampleur et l’atrocité des souffrances dont il sera
témoin, l’officier sera tenu d’apporter son soutien moral et savoir faire le
choix entre les priorités.
Enfin, l’officier de demain doit être préparé pour
affronter et s’intégrer dans les missions internationales.
Face à la nouvelle donne géostratégique, les armées
moderne se réorganisent autour de quatre priorité dont la prévention et la
projection : l’objectif est d’intervenir avant que la crise ne se dégénère
en conflit. Ces actions dépassent cependant souvent le niveau national comme le
démontre les opérations en cote d’ivoire, Congo etc.… de nombreux officiers
sont donc appelés à servir dans ses structures, souvent mises sur pied dans
l’urgence. Par conséquent, disposer d’une ressource importante est dès lors
incontournable et l’aptitude à travailler en état-major multinationale avec des
militaires étrangers n’est ensuite pas immédiate et exige des compétences
précises.
L’apparition de plus en plus des formes d’actions, qui
sortent du cadre des actions classiques entreprises par les militaires et qui
sont un peu nouvelles : missions d’interposition, missions humanitaires,
missions de maintien de paix …. Missions qui demandent de l’officier
l’apprentissage de techniques spécifiques pour mieux s’adapter à ce nouveau
contexte et de remplir à bien ses missions. Ce genre d’opération doit être
étudié par l’officier avec minutie pour donner entière satisfaction.
23) Répondre aux exigences des
nouvelles technologies:
La mise à jour des connaissances techniques, et la
maîtrise des nouvelles technologies revêtent un intérêt primordial et constitue
l’une des préoccupations majeures de l’officier de demain.
En effet, les nouvelles technologies de gestion de
l’information sont à la fois une chance et un piége pour le chef militaire. Si
les techniques qui font leurs preuves aujourd’hui dans le monde civil de
l’économie et du management peuvent efficacement inspirer, voire aiguillonner
le monde militaire, il importe de maîtriser cet apport par une appropriation
intellectuelle avant sa transcription prématurée dans l’organisation des forces
et la standardisation des équipements ou des procédures. De même, s’il est normal
de voir l’avancée scientifique ou technologique initier tout processus de
rénovation, il faut retenir que ce qui facilitera effectivement l’action du
chef, cet être de chair et d’os sur qui repose la lourde responsabilité
d’animer et de coordonner cette forme d’activités tellement spécifique et
soumise aux contingences qu’est le combat d’une force terrestre, est d’intégrer
dans le système décisionnel les nouvelles technologies de l’information. De la
découle la nécessité d’avoir des hommes qui maîtrisent ce genre de techniques
et ayant un esprit d’analyse et de synthèse pour faire face au problème à
résoudre et proposer des solutions répondant le mieux à l’objectif demandé.
A cet égard, le côté pratique
de la formation de l’officier de demain demeure essentiel et primordial pour
lui inculquer les capacités et les limites qu’il ne devra pas dépasser dans
l'usage de son matériel, au moment d’exécution des missions et la prise de
décision adéquate. L’officier devra non seulement être au courant
des outils informatiques, des procédés des télécommunications ou de systèmes de
plus en plus complexes de détection, mais aussi savoir les manipuler et les
adapter à ses tâches et missions.
Enfin, si l’officier d’aujourd’hui se voit déjà envahi
par les nouvelles technologies, Celui de demain, qui en sera déconnecté, se
verra comme une entité insolite dans un paysage et dans une armée de plus en
plus technique et technologique. Que ça soit dans le domaine professionnel,
dans son rendement quotidien ou dans le domaine plus vaste des connaissances.
Déjà, aujourd’hui, un officier efficace est un
officier techniquement polyvalent. Celui de demain qui ne le sera pas, sera
plutôt un officier stérile voire inutile.
Certes, la spécialisation technique des officiers
permet un rendement optimisé. Mais, ce qu’on appelle aujourd’hui des nouvelles
technologies, deviendront plus vite qu’on ne peut voir, une sorte d’alphabet
intégrale dans une formation de base. De ce fait, l’institution militaire aura
toujours besoin d’officiers spécialistes dans des technologies de pointe de
plus en plus évoluées, mais n’importe quel officier de demain aura besoin de
connaissances approfondies dans plus d’une spécialité technique pour répondre
non seulement aux attentes de tous les jours, mais aussi aux missions plus
complexes d’analyse et de conception.
Il est donc essentiel pour les officiers de demain de
mettre à jour leurs connaissances techniques et pouvoir maîtriser les nouvelles
technologies que la science moderne leurs procure. Néanmoins, la curiosité
intellectuelle revêt un intérêt très important.
TROISIEME
PARTIE:
LES
COMPETENCES INTELLECTUELLES
DE L'OFFICIER DE DEMAIN
L'officier futur sera différent de ses anciens car
celui-ci doit avoir une éducation multidisciplinaire, devant inclure des
aspects purement militaires et organisationnels comme la psychologie, la
sociologie, les langues, etc.…
Ainsi, pour faciliter la connaissance des autres
cultures et le fonctionnement dans les organisations multinationales, les
connaissances linguistiques ainsi qu’une culture juridique la plus approfondie
possible, seraient indispensables pour l’officier de demain dans le
traitement des problèmes de ses activités.
31) Connaissance de langues un
facteur de réussite :
En effet, pouvoir parler plus d’une langue est l’une
des priorités de l’officier de demain car la maîtrise des langues étrangères
est devenue une nécessité de ce nouvel ère dans la mesure où elle représente
une ouverture sur les autres civilisation, une façon d’appréhender le monde
extérieur dans sa complexité et une manière de comprendre l’autre dans tout sa
diversité : cultures, traditions, mode de vie …etc.
La multiplication des crises, la diversité des actions
militaires poussent les soldats et par conséquent, les officiers, à agir dans
un contexte international, d’où la nécessité de l’apprentissage des techniques
spécifiques et des langues en particulier.
D’abord, la maîtrise d’une langue, et particulièrement
l’anglais opérationnelle, est le minimum dans toute coopération
multinationale car, bien que le français soit officiellement la deuxième langue
de l’OTAN, il est peu probable qu’il serve souvent la langue de travail. C’est
dans ce cadre, où les officiers futurs doivent épuiser d’avantage leurs savoirs
individuels. Néanmoins, si L’anglo-américain a été utilisé dans presque toutes
les interventions multinationales, il faut reconnaître que Celles de l’OTAN
offrent l’avantage d’être connues dans de nombreux pays et pourraient, selon
toute vraisemblance, être employées lors d’opérations futures. Cette
probabilité a encore augmenté depuis le sommet de Berlin de juin 1996 et la
signature de l’accord de principe concernant les groupements de forces
interalliées modulaires. En plus, la connaissance de la conduite, tant civile
que militaire, des alliés potentiels est enfin un atout précieux pour augmenter
l’efficacité des officiers insérés.
Ensuite, dans le cadre des opérations onusiennes, des
exercices interarmées avec des étrangers ou même pour effectuer des stages en
dehors de son pays, l’officier devra obligatoirement connaître des langues
étrangères pour pouvoir communiquer, coopérer et profiter des technologies
qu’offriront les formations militaires d’autres nations.
Pouvoir parler plusieurs langues, lui ouvrira
certainement plusieurs portes pour son perfectionnement. En plus, armé de cette
connaissance, il lui sera facile de mener à bien ses missions (maintien de la
paix, aides aux population..), car c’est par le biais de la langue qu’il aura
la possibilité de dialoguer, de discuter et de faire comprendre à la population
du pays hôte de sa mission internationale, ce qu’il devra faire ainsi que le
but de sa présence dans le pays. Combien de fois, la discussion et le dialogue
ont collaboré à faire réussir des actions que les armes et la force n’ont
jamais pu faire.
Certes, Il n’est pas obligatoire pour
l’officier de parler la totalité des langues, mais il est tout de même
nécessaire d’apprendre les principales langues internationales, telles que
l’Anglais, le Français, l'Espagnol, parlées par un nombre important de pays à
travers le monde
Enfin, confronté à la presse, nationale ou
internationale, l’officier doit obligatoire posséder les atouts nécessaire pour
pouvoir dialoguer et répondre à leurs questions. Cette obligation constitue sa
liberté mais implique aussi une grande responsabilité. C’est précisément la
liberté d’action qui fournit l’énergie et la force pour commander. S’il est
vrai qu’une opération n’aura pas lieu sur le territoire national, le chef
militaire sera confronté à des contraintes supplémentaires. Pendant qu’il se
trouve en milieu hostile, la société civile qui l’a envoyé sur le terrain vit,
elle, dans la paix la plus profonde. Cette dernière obéit aux principes de
l’individualisation et de la satisfaction des exigences personnelles, tandis
que le militaire en opération doit faire preuve d’esprit de corps, de
discipline et du goût de l’effort. Le contact presque quotidien avec le pays
d’origine fait que les émotions agissent directement sur le moral des forces en
opération. L’attitude particulièrement exemplaire du chef militaire, ses
qualités en matière de maîtrise de l’information et son souci du facteur humain
sur le théâtre d’opération et son pays d’origine sont désormais d’une
importance sans précédent.
L’information joue également un rôle primordial dans
les relations avec les médias. Télévision et Internet sont plus rapides que les
circuits d’information classiques pour transmettre des images et des rapports
relatifs à l’engagement militaire aux supérieurs hiérarchiques, mais aussi aux
familles concernées. Il faut s’attendre à l’omniprésence des journalistes. Les
reportages influents considérablement sur l’opinion publique du pays d’origine,
ce qui peut avoir de fortes répercussions sur la motivation des forces
déployées. Tout chef militaire envoyé en opération doit avoir reçu une
formation en matière de relations avec les médias. Il doit par ailleurs
comprendre la mission et son objectif et raisonner de la même façon que les
responsables de son pays d’origine. La confiance mutuelle est indispensable.
Celui qui sait coopérer avec la présence des médias aura une influence
importante sur la motivation de ses soldats et en se servant du front dit
"de l’intérieur".
Cependant, il faut reconnaître que les plus perfectionnés
des moyens de transmission, "la numérisation de l’engagement", ne
pourront pas ôter au chef militaire sa responsabilité et sa liberté d’action.
La peur, la haine, la faim, la chaleur et la fatigue, ainsi que le caractère du
chef militaire, viennent sans aucun doute influencer une décision mais ne
peuvent pas être transmis à l’aide de moyens techniques.
Le chef militaire sur le terrain doit aussi être acteur politique. En effet, il
peut être contraint de prendre des décisions politiques au niveau communal ou
régional, dans le cas où il n’existe plus de pouvoir politique local et que les
structures onusiennes ne sont pas encore opérationnelles. Même si la situation
n’exige pas de décisions politiques spécifiques de la part du chef militaire,
ce dernier doit connaître le cadre politique dans lequel il agit. Et ce
militaire à tous les niveaux doit être conscient de cette interaction et en
tenir compte dans l’exercice de ses fonctions. Sur cette toile de fond, il
apparaît clairement que de nouvelles qualifications sont nécessaires pour faire
face aux conflits et aux crises actuels. Tandis que par le passé, la
destruction et la dissuasion étaient au coeur de la formation, l’officier doit
se préparer demain plus qu’aujourd’hui, aux fonctions de réhabilitation et de
médiation.
Si l’officier du XXI° siècle n’est pas un diplomate,
celui-ci doit obligatoirement posséder des outils pour participer à des
négociations, pour convaincre avec la créativité, l’autorité, la compétence qui
est nécessaire. Bien sur on ne lui demande pas d’être un politicien ou un
professionnel du marketing, mais le plus important est d’être capable de
représenter son peuple, son pays et son armée en donnant en exemple ses vertus
et ses valeurs.
Il ne prétend pas être un expert dans tous les
domaines. Cependant il est suffisamment éclectique pour savoir bien se faire
conseiller par des spécialistes et experts au moment nécessaire.
32) Connaissance juridique :
Le rôle de l'officier futur ne se limiterait pas à un
rôle considéré jusqu'à présent classique mais un rôle moderne digne du XXI °
siècle d’où la nécessité de la connaissance des règles juridiques aussi bien
nationales qu'internationales.
A l’échelon national et à priori dans sa propre
unité, l’officier est appelé à respecter les règles de droit commun dans
l’exercice de ses fonctions. Un chef qui ignore les lois et les conséquences
découlant de leur non-respect, risque d’avoir de gros problèmes dans son
métier. En tant que chef, il sera souvent sollicité par ses subordonnés pour
conseil ou résolution des cas personnels qui relèvent de ce domaine.
En plus, le respect des règles de droit de l’homme
dans les rapports hiérarchiques avec les subordonnés est une réalité que
l’officier ne doit pas passer outre. La prise en considération de ce principe
facilitera ses tâches et contribuera sûrement à son rapprochement avec les
hommes.
L’officier doit prendre en compte les règles du droit
international dans l’exécution des missions et ordres qui lui sont transmis. Le
temps où la personne de l’officier, considéré au-dessus de tous, était
intouchable est révolu. Demain plus qu'aujourd'hui, l’officier sera suivi,
critiqué et même jugé pour les moindres détails qu’il omettra de prendre en
considération.
Appelé à agir, à effectuer ou à coopérer dans des
missions d’ordre international, il sera contraint d’être au courant des
situations et des règles issues des conventions signées et intéressant
l’opération en cours. Dévier de cette ligne de conduite, il mettra en cause la
crédibilité de sa formation et de l’organisation qui lui a confié cette
opération.
Par ailleurs, connaître, respecter et faire respecter
les règles de droit international dans l’exercice des différentes missions
susceptibles de lui être confiées, relève des connaissances que doit avoir
l’officier de manière impérative, du fait qu’il sera appelé à les faire
transmettre à ses hommes. Pour ne pas se trouver dans des situations
embarrassantes, ce genre de connaissances doit être incluses dans la formation
des futurs cadres.
D’autant plus, l’officier est tenu d’avoir une bonne
connaissance du droit national du pays hôte, afin d’éviter de les faire violer
par les exigences des missions. Combien de fois, des officiers par leur
ignorance ont fait dégénérer des incidents. En plus de ce qui est déjà relaté,
il ne faut pas oublier le domaine des affaires civilo-militaires qui
commence d’ors et déjà à prendre de l’ampleur. Ce domaine nécessite autant de
spécialiste qu’auparavant car il met en relation les armées et certaines
organisations non gouvernementales, lesquelles refusent souvent toute
compromission avec les militaires. Dans un autre domaine, l’emploi des règles
d’engagement qui souvent tenues pour des entraves à l’accomplissement de la
mission est devenu très délicat. Ces règles sont légalement incontournables.
Difficiles à gérer en conduite lors d’un changement de posture, le conseil d’un
juriste des affaires civilo-militaires devient utile pour en expliquer l’esprit
aux unités subordonnées, d’autant que le catalogue diffusé n’est jamais complet
et appelle parfois des éclaircissement.
33) Connaissance des problèmes
inhérents au métier :
Bien qu'habituellement orienté vers des disciplines,
telle l’histoire militaire, connaissance des armes …, l’officier devra
élargir ses domaines d’intérêt et avoir une connaissance des problèmes
influents sur sa profession car les armées modernes du XXI° siècle ont besoin
d’officiers cultivés capables de s’assumer aussi bien dans leurs vies
personnelles qu’au professionnelles.
D’autres spécialités comme la politique, la
sociologie, la géopolitique et géostratégie, doivent aiguiser sa curiosité.
L’officier de demain, ne doit plus être vu sous un mauvais angle comme il
l’était autrefois, limité à son domaine militaire. Demain il sera affronter à
des situations nouvelles, à participer dans l’élaboration des projets
d’envergures. Une fois sollicité, il doit être en mesure d’honorer son métier
et sa propre personnalité en tant qu’officier.
La formation des officiers a subi une grande mutation
voire une véritable rupture historique, seuls les mieux armés intellectuellement,
culturellement s’en sortiront bien. Aujourd’hui, trois enjeux majeurs viennent
bouleverser le partage traditionnel des rôles entre l’officier et le politique.
Les références nationales sont relativisées au profit d’entités plus vastes
comme l’Europe. La suspension de la conscription oblige à reconsidérer la place
du militaire au sein de la société car le lien entre le citoyen et son armée ne
sera plus patent. Enfin, la technicité croissante des moyens de communication
trouble le partage des compétences dans la conduite des opérations de plus en
plus nombreuses. Conscients de ses évolutions, les officiers d’aujourd’hui
paraissent plus ouverts que leurs anciens au dialogue avec le politique. Pour
affronter efficacement ces problèmes l’officier doit donc avoir une vision
juste de certaines réalités. Il ne doit pas être un homme du passé.
Par ailleurs, le personnel militaire, et en
particulier l’officier, doit rester attaché aux traditions, celles-ci font
partie de sa culture. Ainsi, l’officier doit impérativement marquer de sa
présence les cercles décisionnels où se déroulent les débats politiques, où se
prennent les décisions et où se définissent les stratégies actuelles et
futures. Il sera parfaitement empreint de l’esprit dans lequel il doit
travailler et pourra peser sur les décisions. L’exemple du congrès américain
pourrait inspirer notre retour au sein des institutions législatives. De plus,
l’officier doit dépasser son rôle d’expert et assumer sa place dans les rouages
de l’Etat en se situant au bon niveau. Il lui faut alors s’exprimer et
anticiper les attentes du politique en devenant une force de proposition
compréhensible. A l’inverse, les officiers attendent des politiques des
engagements fermes et durables dont ils assument la responsabilité.
Les moyens modernes de communication et d’information
permettent au pouvoir politique de bénéficier de renseignements fiables,
actualisés et précis. De plus l’action du plus petit élément militaire sur le
terrain est maintenant susceptible d’infléchir la stratégie. Croyant tout
savoir et craignant que la situation leur échappe, les décideurs politiques
peuvent être alors tentés de tout décider, même de conduire l’action militaire.
Le chef militaire de l’opération devient alors un bras armé soumis. Or le chef
militaire reste un homme de réflexion, de décision, conscient de ses
responsabilités. Empreint de l’esprit et du but politico-militaire, il doit
bénéficier de toute l’autorité et l’autonomie pour conduire les opérations.
Mais cela implique que le but politique et les limites de l’intervention
nationale ou multinationale soient clairs. De plus, le soldat accepte de mourir
lorsqu’il a confiance en ses chefs mais aussi lorsque la finalité de
l’opération est bien définie. Il convient donc d’informer les décideurs
politiques avec des renseignements complets, objectifs lui procurant une réelle
capacité de choix et d’orientation pour la conduite de la crise et non des
opérations. Ce partage des rôles permet à chacun des protagonistes de rester
dans son domaine de compétence et d’assumer ses responsabilités.
Cependant, cette culture spécifique au métier des
armes ne doit pas être la manifestation d’un repli sur soi, mais bien au
contraire un ensemble de pratiques sur lesquelles l’officier doit s’appuyer
pour mieux évoluer et mieux entrevoir ce que sera demain. L’officier sera ainsi
parfaitement empreint de l’esprit dans lequel il doit travailler et pourra
peser sur les décisions. Si autrefois on était confronté à un seul ennemi, on a
affaire aujourd’hui à un adversaire qui ne se fait pas reconnaître, qui peut être
partout et qui peut être motivé par les idées de fanatisme religieux, de
nationalisme ou par des intentions criminelles ou terroristes. Ces actions
exigent du chef militaire d’acquérir des compétences supplémentaires pour
réussir dans le théâtre d’opération. Il doit donc être en mesure :
- de décider en toute indépendance,
- de penser de façon multinationale et globale,
- d’intervenir délibérément en matière politique,
- de participer à la bataille de l’information, mais
aussi de se servir de l’information pour mener le combat.
Les moyens modernes de communication et d’information
permettent au pouvoir politique de bénéficier de renseignements fiables,
actualisés et précis. De même, l’action du plus petit élément militaire sur le
terrain est maintenant susceptible d’infléchir la stratégie. Croyant tout
savoir et craignant que la situation leur échappe, les décideurs politiques
peuvent être alors tentés de tout décider, même de conduire l’action militaire.
Le chef militaire de l’opération devient alors un bras armé soumis.
Or, le chef militaire reste un homme de réflexion, de
décision, conscient de ses responsabilités. Empreint de l’esprit et du but
politico-militaire, il doit bénéficier de toute l’autorité et l’autonomie pour
conduire les opérations. Mais cela implique que le but politique et les limites
de l’intervention nationale ou multinationale soient claires. De plus, le
soldat accepte de mourir lorsque il a confiance en ses chefs mais aussi lorsque
la finalité de l’opération est bien définie. Il convient donc d’informer les
décideurs politiques avec des renseignements complets, objectifs lui procurant
une réelle capacité de choix et d’orientation pour la conduite de la crise et
non des opérations. Ce partage des rôles permet à chacun des protagonistes de
rester dans son domaine de compétence et d’assumer ses responsabilités
En parallèle avec l’évolution de son contexte, il est
indispensable à l’officier d’avoir des connaissances, tant sur les problèmes
liés à son métier que sur le plan juridique, tout en étant au moins bilingue.
CONCLUSION :
En
générale, l’officier de demain doit posséder les mêmes qualités de base qu’on
exige de ses anciens pour être un bon chef militaire, efficace et apte à
utiliser les moyens mis à sa disposition au moment convenable. Cependant,
vu l’évolution des technologies associé à de nouvelles doctrine, l'officier
futur sera différent de ses anciens car d’une part, il doit être en
mesure de travailler dans des milieux diversifiés, caractérisés par la présence
d’interlocuteurs inhabituels où l’élément militaire est très souvent mêlé à
l’élément politique, diplomatique, économique, voire social. D’autre part, il
doit être au contact de tous les aspects des développements de la société avec
ses différentes formes d’avancées technologiques,
De même, afin de mieux répondre aux besoins du
XXI°siècle, l’officier, quelle que soit sa filière, doit posséder le profil et
les qualités humaines des professionnels que le système s’efforce de développer
à savoir la curiosité intellectuelle qui le pousse à augmenter ses
connaissances au-delà des enseignements reçus dans les écoles, la lecture
cherchant à développer ses connaissances et la réflexion politique.
















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