jeudi 3 octobre 2019

L'Officier de demain

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

 

PREMIERE PARTIE: LES QUALITES DE L'OFFICIER DE DEMAIN 

 11) le contexte nouveau des interventions

 12) la capacité au commandement

               13) l’évolution des comportements

DEUXIEME PARTIE:   LES COMPETENCES PROFESSIONNELLES   DE L'OFFICIER DE DEMAIN

               21) Dans l’exercice quotidien de son métier.

               22) Dans des situations nationales ou internationales :

               23) répondre aux exigences des nouvelles technologies:

TROISIEME PARTIE: LES COMPETENCES INTELLECTUELLES  DE L'OFFICIER DE DEMAIN

               31) Connaissance de langues un facteur de réussite

               32) Connaissance juridique 

               33) Connaissance des problèmes inhérents au métier 

CONCLUSION

 

INTRODUCTION

 

                    Au cours de l’histoire  humaine, l’évolution du militaire, et plus particulièrement les grands militaires et officiers qui ont occupé des positions d’élite, a été très marquantes. En effet, L’expérience des armées anciennes, particulièrement celles de  la  civilisation romaine, de la  première et la deuxième guerre mondiale où les militaires  ont pris des positions qui étaient reconnues par la société civile,  a montré que les officiers doivent pouvoir servir dans des climats et des cultures extrêmement différents. Au cours des douze dernières années, les Etats-Unis ont déployé des soldats de l’armée de terre, des Marines, des soldats de l’armée de l’air, dans 99 opérations dans 

le monde entier pour assurer la paix, la sécurité et la stabilité régionale. C’est pourquoi, quelle que soit l’armée à laquelle un officier appartient, celui-ci peut espérer servir sous tous les climats, dans tous les pays du monde et découvrir donc d’autres nations et d’autres cultures. Il faut que les officiers puissent tout faire, qu’ils soient créatifs, intelligents et qu’ils sachent prendre des risques. Les officiers doivent être proactifs, réactifs, audacieux dans des environnements chaotiques, et capables de gérer les ressources pour 

un combat. Dans ce cadre monsieur Jean GUITTON n'aurait- il pas dit que « L’homme de guerre du XXI° siècle devra être un penseur. Et penser c’est renouveler sa vision des événements, des êtres, de tout ». Ce philosophe voulait juste  nous montrer que le chef militaire doit intégrer, dans sa réflexion et l’action qu’il conduit, la dimension exorbitante de la  mondialisation et de 

la haute technologie et doit savoir bien sûr conduire un régiment, mais il doit apprendre les concepts asymétriques des conflits.

Alors, pour faire de la prévention il faut des hommes  qui comprennent l’environnement géopolitique et qui sont au contact de tous 

les aspects des développements de la société. Les officiers ont toujours déplacé des régiments sur le champ de bataille, mais maintenant avec les avancées technologiques, il y a des liens plus étroits avec la sociologie et la politique qu'un officier doit connaître sur les bouts des doigts !

 

Dans ce contexte, il serait très précieux de savoir si l'officier de demain sera vraiment différent de ses anciens.

Bien que les besoins à long terme du perfectionnement professionnel des officiers restent le fondement lié  à l'orientation des chefs militaires, l'officier de demain serait différent de ses anciens par son orientation stratégique nécessaire pour   relever les défis et répondre aux exigences envisagés pour les armées du 21° siècle, surtout,   il doit être en mesure de travailler dans des milieux diversifiés, caractérisés par la présence d’interlocuteurs inhabituels où l’élément militaire est très souvent mêlé à l’élément politique, diplomatique.

Ainsi, l'analyse des qualités de l'officier de demain et ses capacités militaires et intellectuelles illustreront le bien fondé de cette thèse.

 


 

PREMIERE PARTIE

LES QUALITES DE L'OFFICIER  DE DEMAIN

 

 Bien qu'il doive posséder les mêmes qualités de base, l'officier de demain sera différent de ses anciens  par sa prise en compte du contexte nouveau des interventions et surtout sa prédisposition  aux nouveaux  changements de comportement  et aux justifications morales dictées par le volet humaniste.

 

11) Le contexte nouveau des interventions

 

            Dans la conjoncture actuelle, l’officier éprouve des difficultés à définir son ennemi et de faire des hypothèses à son sujet. Ces difficultés qui ont des prolongements dans le domaine moral et matériel imposent un effort d’adaptation, d’imagination, de logique et surtout d’attention et de volonté pour ne pas céder au découragement ou à la routine.

 

            D’abord, un officier devra être un commandant, donc associer au niveau maximum les qualités professionnelles et celles de l’officier, tout en laissant un peu à côté les compétences très pointues du spécialiste. En revanche, en tant que commandant, il doit mettre en œuvre des capacités de management et de leadership. Dans certaines affectations au sein d’un état-major, on attend qu’un officier mette en œuvre des capacités de dirigeant, donc des capacités de conception et de direction finalisées au progrès de l’entreprise armée dans les domaines qui peuvent être les domaines de la politique, de la planification technico-financière, de la gestion du personnel ou en relation avec l’industrie, les médias ou les autres organismes institutionnels.

 

            Dans chaque domaine, on demande à l’officier de demain de mettre en œuvre une combinaison de son savoir et son savoir-faire. Le dosage de cette combinaison, de ce mélange dépend du poste occupé. Ainsi, le chef de demain doit il être non seulement un spécialiste, mais aussi un bon chef capable d’assurer  la responsabilité de ses hommes et la réussite opérative des missions qui lui seront confiées au sien d’une panoplie d’intervenants. En plus, il doit mettre en œuvre des capacités de management pour gérer l’activité globale de son unité et des capacités, bien sûr, de leadership pour pouvoir conduire ses hommes en opération avec efficacité.

 

            En suite, l’officier de demain devra cultiver des vertus telles que la valeur, la loyauté, la discipline. Dans un monde où la spécialité est la clé de la qualité et de l’efficacité, la  faiblesse des moyens et la variété des missions entraîneront une préparation qui  sera variée et polyvalente. Cependant, disposant d’officiers expérimentés et  préparés pour lutter en combat de haute intensité, ils seront aussi prêts pour d’autres types de missions moins exigeantes comme l’aide humanitaire. Le haut degré d’incertitude qui existe aujourd’hui et qui est dû à la diversité des  menaces possibles, rend impossible de prédire  les endroits où seront projetées les forces qui contribueront à la sécurité. Ceci  implique que l’on peut disposer de chefs avec une disponibilité totale et avec un  haut degré de motivation.

 

            L’officier de demain doit être solide moralement, résistant au stress et à la fatigue et rompu à servir dans un environnement interarmes, interarmées  et international. Cet état de fait nécessite des hommes équilibrés, vivants en parfaite symbiose avec leurs environnements et convaincus d’avoir fait le bon choix en ayant opté pour le métier des armées.

 

            Si autrefois, le chef militaire faisait la guerre pour défendre son pays ou l’opprimé, pour punir ou détruire l’adversaire, demain, il ne peut plus utiliser son arme ou donner un ordre  sans risquer un incident diplomatique. Il a le devoir d’empêcher la guerre, plus que de la faire. Pour les instances onusiennes, il n’y a en effet pas d’ennemi. Cette situation est donc très difficile à gérer pour un officier. L’officier n’est plus jugé sur son aptitude à faire la guerre mais sur son aptitude à éviter le combat, sur l’importance qualitative et quantitative des convois humanitaires qu’il escorte. Avouez que c’est un changement fondamental  de ses valeurs.

 

            Enfin, lorsque conformément aux ordres reçus, le chef militaire respectueux de l’idéal militaire et humanitaire qui consiste à ne prendre partie pour aucun camp, assiste, lors d’une guerre civile à des massacres, des exécutions ou des viols de la population d’un des deux camps par l’autre, il est accusé de connivence avec le clan des vainqueurs et exposé au pilori de 

la honte médiatique sur tous les écrans cathodiques de son pays et du monde.

 

            L’officier, maintenant, est devenu plus un homme de paix qu’un homme de guerre fait pour défendre son pays. Les interventions militaires récentes que ce soit en Somalie, au Cambodge, au Rwanda ou en Yougoslavie sont des interventions de maintien ou de rétablissement de la paix ou des interventions humanitaires. Dans ce contexte, l’officier se trouve confronté à une évolution de la doctrine qui l’oblige à revoir le bien-fondé de ses idéaux et la motivation de son engagement.

 

Certes, les qualités de base  sont toujours valables mais ces valeurs se conjuguent maintenant avec les caractères conjoncturels variables selon l’époque ou le lieu d’intervention qui modifient quelque peu ces valeurs initiales. Ainsi l’idéal militaire est de prendre en compte les données de l’idéal humanitaire et adopter des nouvelles valeurs humanistes qui dépassent largement le cadre militaire. Secourir, sauver, s’entraider, protéger, assister des populations en détresse font maintenant partie de la panoplie des missions qu’exécute le militaire. S’interposer en montrant sa force entre des belligérants, mais en ayant l’intention de ne pas l’utiliser est une mission nouvelle qui consiste à ne pas utiliser ces armes sauf pour l’autodéfense.

 

12) La capacité au commandement

 

         L’officier de demain doit posséder un certain nombre de valeurs morales  tels Le bon sens, la rapidité de jugement, la promptitude de la décision et Force morale.

 

         Si, la guerre au sens classique du terme exigeait de la part du chef militaire des vertus primaires, telles que la loyauté, la bravoure, l’obéissance, l’esprit de camaraderie et l’exemplarité, tout comme la compétence dans l’exercice du commandement, la créativité, la capacité à apprendre, l’aptitude à communiquer ainsi que la force physique et psychique. Cela ne changera pas à l’avenir. Mais, pour commander ses hommes dans le respect de la mission reçue, l'officier de demain doit acquérir d’abord le bon sens et la rapidité de jugement. Ainsi, avec l'évolution profonde de la doctrine militaire et la présence d’interlocuteurs inhabituels, Une hésitation, une mauvaise analyse du problème ou une mauvaise synthèse des solutions à apporter peut porter préjudice à la mission dont il a la charge. A cet effet, l'homme de guerre du XXI° siècle doit être préparé à effectuer des choix entre plusieurs solutions et parfois il faut faire des choix difficiles. Au secours d’une population victime d’une inondation, l’officier peut être confronté au choix de sauver telle ou telle vie. Les moyens mis à sa disposition lui imposent de choisir.

 

         Mais quoiqu'il fasse, l’autorité naturelle doit faire partie intégrante de la panoplie de l’officier. Il n'est pas judicieux d’analyser une situation, de trouver des solutions si les hommes ne sont pas prêts à vous suivre. Au combat, il faut que les hommes  sentent que la solution retenue par leur chef est la bonne et que s’ils la suivent ils auront une chance de sauver leur vie tout en remplissant la mission. Car le combat n’est qu’une suite ininterrompue d’actions où l’on risque de mourir à tout moment.

 

            En outre, il ne sert à rien de bien évaluer un problème, de trouver 

une solution et de ne pas être prompt à mettre en oeuvre une décision claire. Si l’officier ne prend pas une décision claire et rapide, la situation peut empirer. Face à une situation, un problème exigeant décisions et ordres, la troupe attend et si de cette attitude dépendra la confiance que les soldats placent en leur chef  et par extension le succès ou l’échec de la mission. Bref, être chef n’a jamais été un privilège, mais plutôt une grande charge et responsabilité qui exige la prise de décision juste et rationnelle.

 

            Enfin, l’officier doit avoir une force morale lui permettant de s'adapter facilement à l'évolution de la situation sur les champs de bataille. Ainsi, imprégné des valeurs que doit avoir un officier, la force morale est un excellent moteur pour mener les hommes car elle est communicative. Cette force permet  au chef de ne jamais baisser les bras même dans les conditions les plus dures.

 

            Dans ce contexte, le chef militaire du XXI° siècle doit croire et s’engager dans les valeurs fondamentales de l’Institution militaire, avec créativité, initiative et souplesse, ensuite il doit être hardi, innovateur, coopératif, leader. Surtout savoir s’adapter aux situations les plus complexes et pouvoir agir dans les différents milieux opérationnels présents sur notre territoire,

 

13) L’évolution des comportements

 

 L'homme de guerre du 21° siècle doit être adapté à l'évolution du comportement qui est influencée par l’action médiatique. Le chef moderne ne peut plus être un penseur solitaire, mais il doit agir pour être efficace et doit acquérir une méthode de raisonnement qui lui permettra de prendre rapidement une décision après avoir analysé objectivement une situation.

 

En effet, Le moindre fait et geste qui sort de la rigueur morale attribuée aux armées par l’opinion est aussitôt annoncé au grand public. Donc, l’officier de demain sera obligé de tenir compte de cela pour prendre ses décisions ou provoquer l’action. Son comportement a donc évolué et s’est adapté à la ‘’médiacratie’’, et au fait de la contraction de média et de démocratie. Ainsi, le journaliste est libre de ses idées, de l’interprétation qu’il a des faits et du contenu de ses articles ou de ses reportages. C’est donc au chef militaire que revient la part la plus difficile de la communication. Ne rien faire qui puisse être sujet à caution ou à une mauvaise interprétation passe donc par un changement de comportement d’une part face aux journalistes, d’autre part face à l’événement.

 

De surcroît, l’officier doit comprendre comment travailler avec des membres d’organisations gouvernementales, tels que le ministère de l’intérieur ou du trésor, les organisations non gouvernementales et les organisations internationales gouvernementales. Il faut des officiers agiles mentalement, qui puissent passer très rapidement d’opérations de combat à des opérations de maintien de la paix. Ils doivent pouvoir passer d’un environnement unilatéral à un environnement de coalition, supporter la vie et le combat dans le désert et le lendemain faire du combat en zone urbaine.

 

Enfin, si auparavant les grandes institutions internationales ne faisaient que juxtaposer des unités de différents pays en prenant actes de leurs différences, ce n’est plus le cas à présent. Ce changement s’aperçoit également à travers les lois et décrets de chaque pays. Ainsi en France, le règlement de discipline générale des armées françaises modifié en 1984 et le Code Civil, rend le militaire responsable de ses actes, qu’il agisse sur ordre ou de sa propre initiative. Aussi l’excuse d’obéir aux ordres ne constitue-t-il plus un alibi aux yeux de la loi. L’officier devra alors choisir, si d’aventure il recevait un ordre contraire aux bonnes mœurs, d’obéir entre tout ce que cela peut entraîner vis à vis de la loi de son pays ou désobéir entre tout ce que cela entraîne vis à vis de la discipline.

 

Demain plus qu'aujourd’hui, l’armée a besoin de chefs capables d’appréhender le milieu physique et humain dans lequel ils évoluent. Cette formation pluridisciplinaire doit être complétée de toute évidence par une profonde réflexion sur les raisons réelles de son engagement ayant pour origine une culture commune fondée sur l’éthique évolutive des officiers. Bien que sa mission soit clairement définie, le chef militaire agit souvent dans un contexte où il ne peut pas toujours distinguer ami et ennemi, où la langue et la culture lui sont étrangères et où chaque région présente ses particularités. De plus, il convient de tenir compte d’une multitude d’OG et d’ONG. Il n’existe donc plus de directives homogènes pour son action concrète. Contraint de décider en toute indépendance, le chef militaire devra posséder des convictions fondamentales universelles et un fondement éthique solide et bénéficier d’une formation systématique visant à mettre en accord sa pensée et son action.

 

Certes, l’affirmation de qualités fondamentales reste indispensable aux hommes de guerre du 21°siècle. Mais, cela nécessite aussi une forte culture militaire.

 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE: 

LES CAPACITES MILITAIRES   DE L'OFFICIER DE DEMAIN

 

Avec, La révolution technologique, l’officier de demain sera différent de ses anciens car il doit posséder un bagage technique suffisant. Pour cela, les chefs militaires devraient être  disposés à innover, avec un esprit créatif et avec une volonté d’apprentissage. Ces aspects définissent un "art" et une "science" qui constituent l’exercice du commandement.  Cependant il faudra avoir présent à l’esprit que même si la base est constituée par le "savoir", c’est-à-dire la "science", ce qui deviendra décisif sera le savoir-faire.  C’est sur ce point que les capacités créatives et d’innovation du chef feront toute la  différence.

 

21- Dans l’exercice quotidien de son métier :

 

            Les nouvelles technologies sont dans un processus d’évolution permanente. Rester en arrière dans la connaissance de ces possibilités a pour effet de donner un avantage  à ceux qui essaieront d’employer ces avancées technologiques contre nous.  Dans ce contexte, les officiers de demain devront faire d’énormes efforts individuels et surtout avoir une mentalité ouverte et  une vue sur le futur. C’est donc, une nouvelle  forme de commandement, conditionnée en grande mesure par les technologies  de l’information qui vont casser les structures pyramidales.

 

            En effet, les chefs devront  affronter le commandement dans des sphères de contrôle plus larges. L’adaptation est un symptôme d’intelligence, mais l’intelligence recherchée par les officiers de demain est l’intelligence efficiente, l’intelligence du gagnant, c’est-à-dire  l’intelligence émotionnelle qui est celle qui contient des éléments comme créativité,  responsabilité, puissance de travail, capacité d’écouter et de communiquer, anticipation des événements, intuition basée sur de grandes connaissances et sur les  expériences et capacité pour développer une vision à partager.

 

            Dans ce sens, la formation de ces officiers de demain constituera un élément indispensable et devra devenir  un processus continu qui comprendra diverses phases pendant tout le déroulement de la carrière pour accroître les qualités fondamentales du chef à chaque niveau de  commandement. Ainsi, l'officier de demain doit être formé pour mieux s’intégrer dans son unité  et faire valoir son savoir faire pour gérer quotidiennement sa formation. En temps de paix, il doit penser à instruire ses hommes, les former et les initier à affronter des situations qui sortent un peu de l’ordinaire, car c’est de lui, que dépend le degré d’efficacité de son unité.

 

            Cette phase, qui précède toute décision le jour  de l’action, est bien l’arsenal dont tout officier doit disposer. Un arsenal qui n’a de valeur que si des efforts sérieux sont conjugués dans le but de perfectionner ces connaissances et ces capacités. A cet effet, il importe de dispenser une formation qui encourage la capacité d’initiative et qui permette de s’entraîner aux procédures requises. Cela requiert de la part du chef militaire de demain des qualités telles que : sensibilité, capacité à apprendre, connaissances historiques et aptitude à communiquer, y compris avec d’autres organisations et cultures, bref une compétence du réel, lui permettant d’appréhender et d’évaluer une situation dans sa totalité. La notion de compétence du réel est étroitement liée 

à la multi nationalité.

            En outre, dans le domaine tactique, l’officier doit  enrichir son esprit par la maîtrise des méthodes de raisonnement tactique en exerçant son sens dans le discernement des difficultés et lacunes inhérentes au commandement et à  la transmission des ordres, et en mettant en exergue sa volonté de persévérer et d’apprendre. Si auparavant, le nombre réduit d’interventions permettait de choisir les officiers avec certain préavis, l’augmentation de la demande et les critères plus élevés rendent cette méthode caduque. Il est donc nécessaire d’avoir des officiers aptes à occuper des fonctions de haute responsabilité.

            Enfin, une bonne connaissance de l’outil informatique et bureautique sera indispensable pour les officiers de demain car elle leur permet de remplir efficacement les missions dont ils ont la charge. La bureautique a, d’autre part, pris une grande importance et, particulièrement dans les pays anglo-saxons, une majorité d’officier dispose d’un ordinateur. Reliés à un réseau, ces appareils permettent des échanges instantanés d’informations. Et même si un support écrit est plus conforme à nos traditions, se couper de ce moyen d’information aboutit rapidement à une mise à l’écart.

 

         22) Dans des situations nationales ou internationales :

 

         Aujourd'hui, les Forces Armées et, en particulier les Forces Terrestres, sont engagées dans des opérations qui n’ont que peu de choses à voir avec celles des siècles précédents. A cet effet, l’armée se doit disposer d’officier en quantité et en qualité, aptes à servir dans un état-major  aussi bien national que multinational.

 

            En effet, de nouveaux savoir-faire sont indispensables et leurs acquisition ne peut continuer à reposer sur l’initiative individuelle d’où découle la nécessité d’avoir des officiers adaptés pour faire face aux nouveaux contextes d’engagement. Sur le territoire national la défense n’a plus pour but premier de contrer une menace classique. Les opérations extérieures ont une vocation préventive, voire humanitaire. Cela signifie, pour autant, que l’action militaire a fondamentalement changé de sens, et le chef militaire doit intégrer, dans sa réflexion, l’action qu’il conduit, la dimension exorbitante de la mort et de nouvelles exigences de la révolution technologique. En matière de défense et de sécurité collective, la prudence n’est pas synonyme d’immobilisme. Elle conduit à préparer le pire : c’est-à-dire la guerre. Elle peut aussi chercher à prévenir le pire, en imposant,  si nécessaire, par la force militaire la résolution d’une crise. Elle requiert enfin  d’être prêt face au probable, c’est-à-dire à réagir face à l’inattendu. D’autant plus, l’officier de demain est tenu d’être apte à maîtriser et gérer les situations de crise dans son propre pays.

 

            Cest en fait le mode d’action général de l’armée qui a subi 

un profond changement. D’une armée bâtie, préparée et équipée pour un combat à mort, en vue de la survie de la nation, il faut passer rapidement, à une armée en mesure de participer à des opérations ne mettant pas directement en cause les intérêts vitaux de la patrie, mais contribuer 

à la sécurité interne du pays. C’est dans ce cadre qu’apparaît le nouveau 

profil de l’officier.

 

            Avec la multiplication des crises sociales, les grèves et les émeutes, 

la participation de l’armée sera souvent sollicitée. De ce fait, l’officier devra agir avec sang froid afin  de ne pas perdre la maîtrise de ses hommes et de là, la maîtrise de la situation en général. Il doit être capable de différencier entre les interventions classiques, face à un ennemi étranger, et ce genre d’interventions. Sa formation ainsi que celle de ses hommes, doit notamment inclure ce volet, comment devra-t-il réagir et se comporter dans de telles situations, sans oublier la difficulté des interventions à caractère urbain qui ne nécessite pas mal de préparation et d’exercice d’entraînement. Ainsi, les officiers de demain, que ce soit en temps de paix ou de crise, à l’échelon national ou international, seront confrontés à de nouvelles situations qui doivent être prises en considération. Cependant, les connaissances techniques constituent, elles aussi, une part importante que  l’officier doit enrichir à tout prix.

 

            En outre, l’aide aux populations ou tremblement de terre, constitue une partie importante des missions qui sont assignées aux militaires. Par conséquent, l’officier doit être formé dans ce sens, afin de garder le sang froid et la maîtrise de soi face à des situations de ruine, de misère et de mort. Face à l’ampleur et l’atrocité des souffrances dont il sera témoin, l’officier sera tenu d’apporter son soutien moral et savoir faire le choix entre les priorités.

 

            Enfin, l’officier de demain doit être préparé pour affronter et s’intégrer dans les missions internationales.

 

            Face à la nouvelle donne géostratégique, les armées moderne se réorganisent autour de quatre priorité dont la prévention et la projection : l’objectif est d’intervenir avant que la crise ne se dégénère en conflit. Ces actions dépassent cependant souvent le niveau national comme le démontre les opérations en cote d’ivoire, Congo etc.… de nombreux officiers sont donc appelés à servir dans ses structures, souvent mises sur pied dans l’urgence. Par conséquent, disposer d’une ressource importante est dès lors incontournable et l’aptitude à travailler en état-major multinationale avec des militaires étrangers n’est ensuite pas immédiate et exige des compétences précises.

 

            L’apparition de plus en plus des formes d’actions, qui sortent du cadre des actions classiques entreprises par les militaires et qui sont un peu nouvelles : missions d’interposition, missions humanitaires, missions de maintien de paix …. Missions qui demandent de l’officier l’apprentissage de techniques spécifiques pour mieux s’adapter à ce nouveau contexte et de remplir à bien ses missions. Ce genre d’opération doit être étudié par l’officier avec minutie pour donner entière satisfaction.

 

23) Répondre aux exigences des nouvelles technologies:

 

         La mise à jour des connaissances techniques, et la maîtrise des nouvelles technologies revêtent un intérêt primordial et constitue l’une des préoccupations majeures de l’officier de demain.

            En effet, les nouvelles technologies de gestion de l’information sont à la fois une chance et un piége pour le chef militaire. Si les techniques qui font leurs preuves aujourd’hui dans le monde civil de l’économie et du management peuvent efficacement inspirer, voire aiguillonner le monde militaire, il importe de maîtriser cet apport par une appropriation intellectuelle avant sa transcription prématurée dans l’organisation des forces et la standardisation des équipements ou des procédures. De même, s’il est normal de voir l’avancée scientifique ou technologique initier tout processus de rénovation, il faut retenir que ce qui facilitera effectivement l’action du chef, cet être de chair et d’os sur qui repose la lourde responsabilité  d’animer et de coordonner cette forme d’activités tellement spécifique et soumise aux contingences qu’est le combat d’une force terrestre, est d’intégrer dans le système décisionnel les nouvelles technologies de l’information. De la découle la nécessité d’avoir des hommes qui maîtrisent ce genre de techniques et ayant un esprit d’analyse et de synthèse pour faire face au problème à résoudre et proposer des solutions répondant le mieux à l’objectif demandé.

 

            A cet égardle côté pratique de la formation de l’officier de demain demeure essentiel et primordial pour lui inculquer les capacités et les limites qu’il ne devra pas dépasser dans l'usage de son matériel, au moment d’exécution des missions et la prise de décision adéquate. L’officier devra non seulement être au courant des outils informatiques, des procédés des télécommunications ou de systèmes de plus en plus complexes de détection, mais aussi savoir les manipuler et les adapter à ses tâches et missions.

 

            Enfin, si l’officier d’aujourd’hui se voit déjà envahi par les nouvelles technologies, Celui de demain, qui en sera déconnecté, se verra comme une entité insolite dans un paysage et dans une armée de plus en plus technique et technologique. Que ça soit dans le domaine professionnel, dans son rendement quotidien ou dans le domaine plus vaste des connaissances.

 

            Déjà, aujourd’hui, un officier efficace est un officier techniquement polyvalent. Celui de demain qui ne le sera pas, sera plutôt un officier stérile voire inutile.

 

            Certes, la spécialisation technique des officiers permet un rendement optimisé. Mais, ce qu’on appelle aujourd’hui des nouvelles technologies, deviendront plus vite qu’on ne peut voir, une sorte d’alphabet intégrale dans une formation de base. De ce fait, l’institution militaire aura toujours besoin d’officiers spécialistes dans des technologies de pointe de plus en plus évoluées, mais n’importe quel officier de demain aura besoin de connaissances approfondies dans plus d’une spécialité technique pour répondre non seulement aux attentes de tous les jours, mais aussi aux missions plus complexes d’analyse et de conception.

 

            Il est donc essentiel pour les officiers de demain de mettre à jour leurs connaissances techniques et pouvoir maîtriser les nouvelles technologies que la science moderne leurs procure. Néanmoins, la curiosité intellectuelle revêt un intérêt très important.

 

 

 

 

 

TROISIEME PARTIE: 

LES COMPETENCES INTELLECTUELLES DE L'OFFICIER  DE DEMAIN

 

L'officier futur sera différent de ses anciens car celui-ci doit avoir une  éducation multidisciplinaire, devant inclure des aspects purement militaires et organisationnels comme la psychologie, la sociologie, les langues, etc.…

 

            Ainsi, pour faciliter la connaissance des autres cultures et le fonctionnement  dans les organisations multinationales, les connaissances linguistiques ainsi qu’une culture juridique la plus approfondie possible, seraient indispensables pour  l’officier de demain dans le traitement des problèmes de ses activités.

 

31) Connaissance de langues un facteur de réussite :

 

            En effet, pouvoir parler plus d’une langue est l’une des priorités de l’officier de demain car la maîtrise des langues étrangères est devenue une nécessité de ce nouvel ère dans la mesure où elle représente une ouverture sur les autres civilisation, une façon d’appréhender le monde extérieur dans sa complexité et une manière de comprendre l’autre dans tout sa diversité : cultures, traditions, mode de vie …etc. 

 

            La multiplication des crises, la diversité des actions militaires poussent les soldats et par conséquent, les officiers, à agir dans un contexte international, d’où la nécessité de l’apprentissage des techniques spécifiques et des langues en particulier.

 

            D’abord, la maîtrise d’une langue, et particulièrement l’anglais  opérationnelle,  est le minimum dans toute coopération multinationale car, bien que le français soit officiellement la deuxième langue de l’OTAN, il est peu probable qu’il serve souvent la langue de travail. C’est dans ce cadre, où les officiers futurs doivent épuiser d’avantage leurs savoirs individuels. Néanmoins, si L’anglo-américain a été utilisé dans presque toutes les interventions multinationales, il faut reconnaître que Celles de l’OTAN offrent l’avantage d’être connues dans de nombreux pays et pourraient, selon toute vraisemblance, être employées lors d’opérations futures. Cette probabilité a encore augmenté depuis le sommet de Berlin de juin 1996 et la signature de l’accord de principe concernant les groupements de forces interalliées modulaires. En plus, la connaissance de la conduite, tant civile que militaire, des alliés potentiels est enfin un atout précieux pour augmenter l’efficacité des officiers insérés.

 

            Ensuite, dans le cadre des opérations onusiennes, des exercices interarmées avec des étrangers ou même pour effectuer des stages en dehors de son pays, l’officier devra obligatoirement connaître des langues étrangères pour pouvoir communiquer, coopérer et profiter des technologies qu’offriront les formations militaires d’autres nations.

 

            Pouvoir parler plusieurs langues, lui ouvrira certainement plusieurs portes pour son perfectionnement. En plus, armé de cette connaissance, il lui sera facile de mener à bien ses missions (maintien de la paix, aides aux population..), car c’est par le biais de la langue qu’il aura la possibilité de dialoguer, de discuter et de faire comprendre à la population du pays hôte de sa mission internationale, ce qu’il devra faire ainsi que le but de sa présence dans le pays. Combien de fois, la discussion et le dialogue ont collaboré à faire réussir des actions que les armes et la force n’ont jamais pu faire.

 

            Certes, Il n’est pas obligatoire pour l’officier de parler la totalité des langues, mais il est tout de même nécessaire d’apprendre les principales langues internationales, telles que l’Anglais, le Français, l'Espagnol, parlées par un nombre important de pays à travers le monde

 

            Enfin, confronté à la presse, nationale ou internationale, l’officier doit obligatoire posséder les atouts nécessaire pour pouvoir dialoguer et répondre à leurs questions. Cette obligation constitue sa liberté mais implique aussi une grande responsabilité. C’est précisément la liberté d’action qui fournit l’énergie et la force pour commander. S’il est vrai qu’une opération n’aura pas lieu sur le territoire national, le chef militaire sera confronté à des contraintes supplémentaires. Pendant qu’il se trouve en milieu hostile, la société civile qui l’a envoyé sur le terrain vit, elle, dans la paix la plus profonde. Cette dernière obéit aux principes de l’individualisation et de la satisfaction des exigences personnelles, tandis que le militaire en opération doit faire preuve d’esprit de corps, de discipline et du goût de l’effort. Le contact presque quotidien avec le pays d’origine fait que les émotions agissent directement sur le moral des forces en opération. L’attitude particulièrement exemplaire du chef militaire, ses qualités en matière de maîtrise de l’information et son souci du facteur humain sur le théâtre d’opération et son pays d’origine sont désormais d’une importance sans précédent.

 

            L’information joue également un rôle primordial dans les relations avec les médias. Télévision et Internet sont plus rapides que les circuits d’information classiques pour transmettre des images et des rapports relatifs à l’engagement militaire aux supérieurs hiérarchiques, mais aussi aux familles concernées. Il faut s’attendre à l’omniprésence des journalistes. Les reportages influents considérablement sur l’opinion publique du pays d’origine, ce qui peut avoir de fortes répercussions sur la motivation des forces déployées. Tout chef militaire envoyé en opération doit avoir reçu une formation en matière de relations avec les médias. Il doit par ailleurs comprendre la mission et son objectif et raisonner de la même façon que les responsables de son pays d’origine. La confiance mutuelle est indispensable. Celui qui sait coopérer avec la présence des médias aura une influence importante sur la motivation de ses soldats et en se servant du front dit "de l’intérieur".

Cependant, il faut reconnaître que les plus perfectionnés des moyens de transmission, "la numérisation de l’engagement", ne pourront pas ôter au chef militaire sa responsabilité et sa liberté d’action. La peur, la haine, la faim, la chaleur et la fatigue, ainsi que le caractère du chef militaire, viennent sans aucun doute influencer une décision mais ne peuvent pas être transmis à l’aide de moyens techniques.

 

            Le chef militaire sur le terrain doit aussi être acteur politique. En effet, il peut être contraint de prendre des décisions politiques au niveau communal ou régional, dans le cas où il n’existe plus de pouvoir politique local et que les structures onusiennes ne sont pas encore opérationnelles. Même si la situation n’exige pas de décisions politiques spécifiques de la part du chef militaire, ce dernier doit connaître le cadre politique dans lequel il agit. Et ce militaire à tous les niveaux doit être conscient de cette interaction et en tenir compte dans l’exercice de ses fonctions. Sur cette toile de fond, il apparaît clairement que de nouvelles qualifications sont nécessaires pour faire face aux conflits et aux crises actuels. Tandis que par le passé, la destruction et la dissuasion étaient au coeur de la formation, l’officier doit se préparer demain plus qu’aujourd’hui, aux fonctions de réhabilitation et de médiation.

 

            Si l’officier du XXI° siècle n’est pas un diplomate, celui-ci doit obligatoirement posséder des outils pour participer à des négociations, pour convaincre avec la créativité, l’autorité, la compétence qui est nécessaire. Bien sur on ne lui demande pas d’être un politicien ou un professionnel du marketing, mais le plus important est d’être capable de représenter son peuple, son pays et son armée en donnant en exemple ses vertus et ses valeurs.

 

            Il ne prétend pas être un expert dans tous les domaines. Cependant il est suffisamment éclectique pour savoir bien se faire conseiller par des spécialistes et experts au moment nécessaire.

 

32) Connaissance juridique :

 

         Le rôle de l'officier futur ne se limiterait pas à un rôle considéré jusqu'à présent classique mais un rôle moderne digne du XXI ° siècle d’où la nécessité de la connaissance des règles juridiques aussi bien nationales qu'internationales.

 

            A l’échelon national et à priori dans sa propre unité, l’officier est appelé à respecter les règles de droit commun dans l’exercice de ses fonctions. Un chef qui ignore les lois et les conséquences découlant de leur non-respect, risque d’avoir de gros problèmes dans son métier. En tant que chef, il sera souvent sollicité par ses subordonnés pour conseil ou résolution des cas personnels qui relèvent de ce domaine.

 

            En plus, le respect des règles de droit de l’homme dans les rapports hiérarchiques avec les subordonnés est une réalité que l’officier ne doit pas passer outre. La prise en considération de ce principe facilitera ses tâches et contribuera sûrement à son rapprochement avec les hommes.

 

            L’officier doit prendre en compte les règles du droit international dans l’exécution des missions et ordres qui lui sont transmis. Le temps où la personne de l’officier, considéré au-dessus de tous, était intouchable est révolu. Demain plus qu'aujourd'hui, l’officier sera suivi, critiqué et même jugé pour les moindres détails qu’il omettra de prendre en considération.

 

            Appelé à agir, à effectuer ou à coopérer dans des missions d’ordre international, il sera contraint d’être au courant des situations et des règles issues des conventions signées et intéressant l’opération en cours. Dévier de cette ligne de conduite, il mettra en cause la crédibilité de sa formation et de l’organisation qui lui a confié cette opération.

 

            Par ailleurs, connaître, respecter et faire respecter les règles de droit international dans l’exercice des différentes missions susceptibles de lui être confiées, relève des connaissances que doit avoir l’officier de manière impérative, du fait qu’il sera appelé à les faire transmettre à ses hommes. Pour ne pas se trouver dans des situations embarrassantes, ce genre de connaissances doit être incluses dans la formation des futurs cadres.

 

            D’autant plus, l’officier est tenu d’avoir une bonne connaissance du droit national du pays hôte, afin d’éviter de les faire violer par les exigences des missions. Combien de fois, des officiers par leur ignorance ont fait dégénérer des incidents. En plus de ce qui est déjà relaté, il ne faut pas oublier le domaine des affaires  civilo-militaires qui commence d’ors et déjà à prendre de l’ampleur. Ce domaine nécessite autant de spécialiste qu’auparavant car il met en relation les armées et certaines organisations non gouvernementales, lesquelles refusent souvent toute compromission avec les militaires. Dans un autre domaine, l’emploi des règles d’engagement qui souvent tenues pour des entraves à l’accomplissement de la mission est devenu très délicat. Ces règles sont légalement incontournables. Difficiles à gérer en conduite lors d’un changement de posture, le conseil d’un juriste des affaires civilo-militaires devient utile pour en expliquer l’esprit aux unités subordonnées, d’autant que le catalogue diffusé n’est jamais complet et appelle parfois des éclaircissement.

 

33) Connaissance des problèmes inhérents au métier :

 

            Bien qu'habituellement orienté vers des disciplines, telle l’histoire militaire, connaissance des armes …,  l’officier devra élargir ses domaines d’intérêt et avoir une connaissance des problèmes influents sur sa profession car les armées modernes du XXI° siècle ont besoin d’officiers cultivés capables de s’assumer aussi bien dans leurs vies personnelles qu’au professionnelles.

 

            D’autres spécialités comme la politique, la sociologie, la géopolitique et géostratégie, doivent aiguiser sa curiosité. L’officier de demain, ne doit plus être vu sous un mauvais angle comme il l’était autrefois, limité à son domaine militaire. Demain il sera affronter à des situations nouvelles, à participer dans l’élaboration des projets d’envergures. Une fois sollicité, il doit être en mesure d’honorer son métier et sa propre personnalité en tant qu’officier.

 

            La formation des officiers a subi une grande mutation voire une véritable rupture historique, seuls les mieux armés intellectuellement, culturellement s’en sortiront bien. Aujourd’hui, trois enjeux majeurs viennent bouleverser le partage traditionnel des rôles entre l’officier et le politique. Les références nationales sont relativisées au profit d’entités plus vastes comme l’Europe. La suspension de la conscription oblige à reconsidérer la place du militaire au sein de la société car le lien entre le citoyen et son armée ne sera plus patent. Enfin, la technicité croissante des moyens de communication trouble le partage des compétences dans la conduite des opérations de plus en plus nombreuses. Conscients de ses évolutions, les officiers d’aujourd’hui paraissent plus ouverts que leurs anciens au dialogue avec le politique. Pour affronter efficacement ces problèmes l’officier doit donc avoir une vision juste de certaines réalités. Il ne doit pas être un homme du passé.

 

            Par ailleurs, le personnel militaire, et en particulier l’officier, doit rester attaché aux traditions, celles-ci font partie de sa culture. Ainsi, l’officier doit impérativement marquer de sa présence les cercles décisionnels où se déroulent les débats politiques, où se prennent les décisions et où se définissent les stratégies actuelles et futures. Il sera parfaitement empreint de l’esprit dans lequel il doit travailler et pourra peser sur les décisions. L’exemple du congrès américain pourrait inspirer notre retour au sein des institutions législatives. De plus, l’officier doit dépasser son rôle d’expert et assumer sa place dans les rouages de l’Etat en se situant au bon niveau. Il lui faut alors s’exprimer et anticiper les attentes du politique en devenant une force de proposition compréhensible. A l’inverse, les officiers attendent des politiques des engagements fermes et durables dont ils assument la responsabilité.

 

            Les moyens modernes de communication et d’information permettent au pouvoir politique de bénéficier de renseignements fiables, actualisés et précis. De plus l’action du plus petit élément militaire sur le terrain est maintenant susceptible d’infléchir la stratégie. Croyant tout savoir et craignant que la situation leur échappe, les décideurs politiques peuvent être alors tentés de tout décider, même de conduire l’action militaire. Le chef militaire de l’opération devient alors un bras armé soumis. Or le chef militaire reste un homme de réflexion, de décision, conscient de ses responsabilités. Empreint de l’esprit et du but politico-militaire, il doit bénéficier de toute l’autorité et l’autonomie pour conduire les opérations. Mais cela implique que le but politique et les limites de l’intervention nationale ou multinationale soient clairs. De plus, le soldat accepte de mourir lorsqu’il a confiance en ses chefs mais aussi lorsque la finalité de l’opération est bien définie. Il convient donc d’informer les décideurs politiques avec des renseignements complets, objectifs lui procurant une réelle capacité de choix et d’orientation pour la conduite de la crise et non des opérations. Ce partage des rôles permet à chacun des protagonistes de rester dans son domaine de compétence et d’assumer ses responsabilités.

 

            Cependant, cette culture spécifique au métier des armes ne doit pas être la manifestation d’un repli sur soi, mais bien au contraire un ensemble de pratiques sur lesquelles l’officier doit s’appuyer pour mieux évoluer et mieux entrevoir ce que sera demain. L’officier sera ainsi parfaitement empreint de l’esprit dans lequel il doit travailler et pourra peser sur les décisions. Si autrefois on était confronté à un seul ennemi, on a affaire aujourd’hui à un adversaire qui ne se fait pas reconnaître, qui peut être partout et qui peut être motivé par les idées de fanatisme religieux, de nationalisme ou par des intentions criminelles ou terroristes. Ces actions exigent du chef militaire d’acquérir des compétences supplémentaires pour réussir dans le théâtre d’opération. Il doit donc être en mesure :

- de décider en toute indépendance,

- de penser de façon multinationale et globale,

- d’intervenir délibérément en matière politique,

- de participer à la bataille de l’information, mais aussi de se servir de l’information pour mener le combat.

 

            Les moyens modernes de communication et d’information permettent au pouvoir politique de bénéficier de renseignements fiables, actualisés et précis. De même, l’action du plus petit élément militaire sur le terrain est maintenant susceptible d’infléchir la stratégie. Croyant tout savoir et craignant que la situation leur échappe, les décideurs politiques peuvent être alors tentés de tout décider, même de conduire l’action militaire. Le chef militaire de l’opération devient alors un bras armé soumis.

 

            Or, le chef militaire reste un homme de réflexion, de décision, conscient de ses responsabilités. Empreint de l’esprit et du but politico-militaire, il doit bénéficier de toute l’autorité et l’autonomie pour conduire les opérations. Mais cela implique que le but politique et les limites de l’intervention nationale ou multinationale soient claires. De plus, le soldat accepte de mourir lorsque il a confiance en ses chefs mais aussi lorsque la finalité de l’opération est bien définie. Il convient donc d’informer les décideurs politiques avec des renseignements complets, objectifs lui procurant une réelle capacité de choix et d’orientation pour la conduite de la crise et non des opérations. Ce partage des rôles permet à chacun des protagonistes de rester dans son domaine de compétence et d’assumer ses responsabilités

 

            En parallèle avec l’évolution de son contexte, il est indispensable à l’officier d’avoir des connaissances, tant sur les problèmes liés à son métier que sur le plan juridique, tout en étant au moins bilingue.

 

CONCLUSION :

 

         En générale, l’officier de demain doit posséder les mêmes qualités de base qu’on exige de ses anciens pour être un bon chef militaire, efficace et apte à utiliser les moyens mis à sa  disposition au moment convenable. Cependant, vu l’évolution des technologies associé à de nouvelles doctrine, l'officier futur sera différent de ses anciens car d’une part,  il doit être en mesure de travailler dans des milieux diversifiés, caractérisés par la présence d’interlocuteurs inhabituels où l’élément militaire est très souvent mêlé à l’élément politique, diplomatique, économique, voire social. D’autre part, il doit être au contact de tous les aspects des développements de la société avec ses différentes formes d’avancées technologiques,

 

De même, afin de mieux répondre aux besoins du XXI°siècle, l’officier, quelle que soit sa filière, doit posséder le profil et les qualités humaines des professionnels que le système s’efforce de développer à savoir la curiosité intellectuelle qui le pousse à augmenter ses connaissances au-delà des enseignements reçus dans les écoles, la lecture cherchant à développer ses connaissances et la réflexion politique.

 

 

 

 

 

 

 

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