Changement Climatique Au Maroc
LES POINTS MARQUANTS
- Le Maroc subit déjà de plein fouet le changement
climatique, après la grave sécheresse de 2015 qui a décimé les récoltes et
déprimé l’économie.
- Pour contrer cette évolution, le pays a adopté
une série de politiques vertes afin de préserver ses ressources naturelles
et renforcer la résilience de l’agriculture.
- Ces politiques s’inscrivent dans une approche
triplement gagnante, puisqu’elles visent à la fois à s’adapter au
changement climatique, à atténuer ses effets et à créer de nouveaux
débouchés.
Le Maroc sait
que le changement climatique ne le laissera pas indemne ; la seule
inconnue concerne l’ampleur des dégâts. Les effets se font déjà sentir :
cette année, la croissance économique est retombée à 1,5 %, plombée par la
grave sécheresse de 2015. Si une mauvaise campagne agricole parvient à déprimer
l’économie marocaine, comment ne pas redouter les conséquences du réchauffement
de la planète sur fond d’aggravation du dérèglement climatique ?
« Le Maroc a lancé son “Plan Vert” pour
affronter la menace du changement climatique », indique Marie
Francoise Marie-Nelly, directrice des opérations du Groupe de la Banque
mondiale pour le Maghreb. « Ce plan repose sur un scénario triplement
gagnant, puisqu’il entend adapter le pays à la réalité du changement
climatique, prendre des mesures pour atténuer son impact sur les populations et
l’environnement et, dans le même temps, créer de nouveaux débouchés — en
aidant par exemple les agriculteurs à adopter des pratiques
climato-intelligentes et à accroître leur productivité mais aussi en veillant à
améliorer les circuits de distribution de leurs produits. »
La préservation de l’eau accumulée naturellement dans
les aquifères souterrains constitue un cas d’espèce : de nouvelles
politiques protègent cette précieuse ressource tout en s’assurant que les
volumes d’eau disponibles suffisent à satisfaire les besoins de l’agriculture,
un secteur clé pour l’emploi. Pour Andrea Liverani, chef de programme à la
Banque mondiale, les Marocains ont compris depuis longtemps l’intérêt de
réglementer les forages.
Mais les progrès techniques ont eu un effet
aggravant : « aujourd’hui, on peut pomper jusqu’à 200 mètres de
profondeur, au lieu de 40 mètres auparavant, ce qui constitue une sérieuse
menace pour les nappes phréatiques », s’alarme Andrea Liverani.
Le pays doit durcir ses réglementations pour enrayer ce processus. Dans le même
temps, le réseau d’irrigation a été optimisé pour permettre, grâce à
l’introduction de techniques modernes comme le goutte-à-goutte, un emploi plus
efficient de l’eau et pour offrir aux agriculteurs un accès plus fiable à cette
ressource. Le Plan Vert prévoit également des mesures proactives pour inciter
les exploitants à préférer l’arboriculture à la céréaliculture. Car, en fixant
le sol, les racines des arbres contribuent à sa conservation. Cette stratégie encourage
par ailleurs le semis « direct », une pratique respectueuse de
l’environnement puisque les graines sont semées dans un sol qui n’a pas été
labouré et qui a donc conservé tous les nutriments présents dans la couche
arable.
Pour être écologiques, ces politiques peuvent
néanmoins rimer avec rentabilité et attirer ainsi le secteur privé, estime
Andrea Liverani.
Voici, en résumé, les cinq axes d’action sur lesquels
le Maroc s’est engagé afin de tirer tous les avantages de sa triple stratégie
d’adaptation au changement climatique, d’atténuation de son impact et de
création de nouvelles opportunités :
- à l’horizon 2030, le pays devrait couvrir
52 % de ses besoins en électricité grâce à des sources d’énergie
renouvelable. Parallèlement, il veut relancer l’activité puisqu’il s’est
fixé un objectif de sous-traitance à des agents locaux de 35 % pour
la deuxième phase des travaux de la centrale solaire à concentration
NOOR ;
- le pays a supprimé toutes les subventions au
diesel, à l’essence et au mazout lourd pour induire une utilisation plus
efficiente de l’énergie et économiser des ressources, qui seront
réinvesties dans la transition vers une croissance décarbonée ;
- le Plan Maroc Vert entend protéger
l’environnement mais aussi les moyens de subsistance de tous les
Marocains. L’agriculture, qui ne représente que 15 % du PIB, continue
d’employer 40 % de la main-d’œuvre ;
- le Maroc considère que ses ressources naturelles
océaniques sont aussi importantes que ses ressources naturelles terrestres
et a pour cela amélioré la gestion de son littoral et favorisé le
développement d’une aquaculture durable. La pêche constitue 56 % du
total des exportations du pays ;
- le Maroc s’emploie à préserver ses aquifères
souterrains, cette source naturelle d’eau douce qui se reconstitue pour
autant qu’elle reste propre et intacte. C’est un pari gagnant pour
l’environnement comme pour les générations actuelles et à venir.















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