Selon le ministre de l’éducation nationale, Said Amzazi, 52 000 élèves sur
700 000 ont quitté l’enseignement privé pour le public. Actuellement, 14% des
élèves marocains étudient dans les écoles privées. L’Etat cible un pourcentage
de 20%.
La déclaration de Said Amzazi, ministre de l’éducation nationale, a fait
l’effet d’une douche froide pour les écoles privées. Lundi 14 octobre, lors de
la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre a
déclaré que «52000 élèves sur 700000 ont quitté l’enseignement privé pour le
public». S’agit-il d’un désaveu de la part des «consommateurs», une conséquence
éventuelle d’une dégradation de leur pouvoir d’achat ? Difficile à savoir,
puisqu’une étude statistique est menée actuellement par le ministère pour le
confirmer ou l’infirmer. Said Amzazi, quant à lui, a évoqué un regain de
confiance graduel des Marocains à l’égard de l’école publique. Pas sûr non
plus.
En tout cas, du côté des écoles privées, cette déclaration a causé une onde
de choc. C’est ce que souligne Abdessalam Amor, président de l’Alliance de
l’enseignement privé. «Cette déclaration nous a choqués et nous ne savons pas
comment l’analyser jusqu’à présent. Est-ce que cela signifie que les écoles
privées connaissent une baisse de fréquentation ou bien cela veut dire que le
secteur public s’améliore, au détriment du privé. Nous ne le savons pas
encore», a-t-il déclaré. Si une réelle tendance se concrétise, cela irait, quoi
qu’il en soit, contre l’esprit de la loi-cadre 51-17, qui se traduit par la
réalisation d’un équilibre entre les deux secteurs, public et privé. Un
objectif ambitieux somme toute.
L’objectif mis en place par l’Etat, à savoir atteindre un pourcentage de
20% du nombre total des élèves étudiant dans les écoles privées sera-t-il
compromis ? Difficile à savoir, bien que les professionnels du secteur privé
s’inquiètent à ce propos. «Ce qui suscite l’inquiétude de l’alliance n’est pas
le nombre cité, mais la déclaration du ministre que les écoles publiques retrouvent
leur éclat. Il faut préciser une chose. Une bonne santé de l’école publique est
salutaire, mais il faut que les écoles privées n’en pâtissent pas», souligne M.
Amor.
Le secteur public est toujours majoritaire
Selon les statistiques fournies par le ministère (voir encadré), 14% des
élèves étudient actuellement dans les écoles privées, ce qui correspond à
environ 700000 élèves, contre plus de 7millions pour le public. Ceci dit, il
convient de signaler le déséquilibre qui existe entre les différentes régions
du Royaume. Dans la région de Casablanca-Settat, 24,5% des élèves étudient dans
1 186 institutions privées, dix points de plus que la moyenne nationale.
Traditionnellement, la tendance est que les élèves ne rejoignent le public,
venant du privé, qu’à partir du secondaire. Cela n’est pas nouveau. «Ceci
s’explique par les difficultés que rencontrent les élèves des écoles publiques
à suivre le rythme et les exigences des écoles privées, notamment au niveau de
la maîtrise de la langue française», poursuit le président de l’Alliance de
l’enseignement privé. En fait, le privé et le public font face à un défi commun
: la généralisation de la scolarisation. «Lorsqu’on atteindra un pourcentage de
100% de scolarisation, le privé et le public se développeront à égalité»,
conclut Abdessalam Amor.
Arrivera-t-on à atteindre cet objectif dans les années qui suivent ? Il serait
intéressant de voir si les moyens et les programmes déployés arriveront
réellement à appuyer la scolarisation, surtout en milieux rural, périurbain et
déficitaire. Ces derniers bénéficient du plan d’action du 17 septembre 2018,
qui a prévu le lancement d’un programme d’amélioration et de renforcement de
l’appui social, dans les trois cycles d’enseignement. Nous en saurons donc plus
sur son efficacité d’ici quelques années.















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